Un guide du Cepri explique comment prévoir et anticiper les crues

Urbanisme

Prévoir les phénomènes météorologiques et hydrologiques à l’origine des inondations permet de se préparer à la crise et d’adopter les mesures locales de mise en sûreté des personnes et des biens. Le Cepri conseille les collectivités dans un guide.

Plus une inondation est anticipée, plus il y a de temps pour s’y préparer et en réduire les conséquences sur le territoire. Fondamental pour les maires, autorités de police, qui assurent la direction des opérations de secours et dirigent la mise en sûreté des personnes et des biens en cas d’inondation. Ils sont aussi les premiers responsables de l’organisation des secours sur leur territoire. Ce sont les maires qui alertent la population, à partir des informations transmises par le préfet ou recueillies directement.

Si la diversité et la complémentarité des dispositifs de prévisions constituent un atout pour l’anticipation des phénomènes dangereux, le système est toutefois « peu lisible » pour le grand public et les collectivités, notamment les maires, explique la directrice du Centre européen de prévention du risque d’inondation (Cepri). Pour les aider à prévoir comment limiter l’impact des crues, le Cepri publie un guide répertoriant les outils et démarches sur lesquels ils peuvent s’appuyer.

Plusieurs dispositifs nationaux se superposent et se complètent, développés notamment par Météo-France et le service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations (Schapi). Celui-ci coordonne, au sein des Dréal (directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement), les services de prévision des crues (SPC) qui surveillent les cours d’eau du réseau réglementaire, défini par le schéma directeur de prévision des crues (SDPC) sur leur territoire. Les SPC établissent un niveau de risque de crue et des prévisions pour les 24 heures à venir, à l’aide des informations de Météo-France et des données hydrométriques du réseau Vigicrues (mesure ou jaugeage par hydromètre). Après avoir expertisé et validé ces données, le Schapi publie la vigilance crues, au moins deux fois par jour, 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

Sur certains territoires, les collectivités sont incitées à mettre en œuvre leur propre surveillance des crues et inondations, comme avec le plan de gestion des risques d’inondation (PGRI) du bassin Rhône-Méditerranée, qui les incite à adopter des outils de prévision au-delà du périmètre surveillé par l’État. Que leur territoire ne soit pas couvert par la vigilance crues ou le soit partiellement, ou par décision volontaire, les collectivités peuvent donc développer un système d’avertissement local ou Sdal.

Le meilleur échelon est celui de l’intercommunalité, à l’échelle du bassin de vie ou du bassin versant. Pour être reconnu par les services de l’État et être intégré au dispositif de prévision des crues établi par le schéma directeur de prévision des crues (SDPC), le Sdal doit informer directement les maires concernés et la préfecture en parallèle, et transmettre ses données au SPC. Les services de l’État peuvent fournir gratuitement les prévisions de Météo-France aux Sdal intégrés au SDPC : données pluviométriques locales en temps réel, images locales d’échos radars, avertissements de précipitation, cartes de vigilance météorologique et bulletins de suivi. Les dispositifs les plus aboutis cartographient les zones susceptibles d’être inondées, en fonction des précipitations et des hauteurs d’eau observées ou prévues, comme la ville de Nîmes qui a développé ESPADA (Évaluation et suivi des pluies en agglomération pour devancer l’alerte).

Compte tenu de leur diversité, le coût (équipement, installation, entretien) d’un Sdal est très variable : entre quelques dizaines de milliers d’euros et… près d’un million d’euros. Les projets peuvent être financés dans le cadre des programmes d’actions de prévention des inondations (Papi), au titre de l’axe 2 (surveillance, prévision des crues et des inondations) : jusqu’à hauteur de 50 %, lorsque l’équipement bénéficie à des communes où un PPRN est approuvé, ou de 40 % si le PPRN est prescrit. Certaines collectivités territoriales peuvent également le co-financer.

Marie Gasnier

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