Le Spaser de GAM est déployé depuis février 2022. Quel bilan tirez-vous ?
Nous avons réuni le 12 novembre 2025 le Copil du Spaser, comme nous le faisons depuis la mise en œuvre du schéma. Les chiffres sont à la disposition du public sur le site internet de la Métropole comme nous y invite le Code de la commande publique. Nous avons réalisé en 2024, 282,4 M€ TTC d’achats. 73 % de nos achats concernent des entreprises en AURA, 45 % sont installées sur le territoire métropolitain. 46,8 % des achats s’adressent à des TPE-PME françaises. Ce Spaser repose sur trois piliers du développement durable déclinés en une vingtaine d’engagements, à savoir : 1) des achats au service de la transition écologique et au cœur de l’économie circulaire ; 2) des achats au service de l’inclusion sociale et professionnelle ; 3) des achats économiquement responsables. Le premier d’entre eux entend favoriser les dispositions environnementales dans tous nos marchés en pondérant à 10 % minimum le critère de performance environnementale. Le cap fixé s’est traduit de manière très vertueuse puisqu’en 2024 ce sont 87 % des marchés de la Métropole qui prévoyaient une considération environnementale contre 52 % en 2021, ce chiffre s’étant encore amélioré en 2025, atteignant les 89 %. L’engagement 2 porte sur les achats de bien réemployés. En informatique, l’effort porte sur l’achat d’écrans reconditionnés : 34,5 % des écrans et 6 % des achats sont issus du réemploi. L’engagement 3 vise à privilégier les achats de produits éco-conçus, biosourcés et à faible impact environnemental. Par exemple, 65 % des fournitures achetées sont écoresponsables. Là aussi, nous progressons par rapport à 2023 (51 %).
Comment le Spaser a-t-il été pensé ?
Le Spaser a été mis en œuvre par les équipes achats, en transversalité et collaboration avec les directions porteuses de politiques publiques ainsi que les autres directions ressources. C’est dans ce contexte que nous avons pu mettre des objectifs chiffrés en face de nos engagements qui tiennent compte de la capacité des acteurs économiques à y répondre. Chaque année, nous rendons compte de l’avancée de ce dossier aux conseillers métropolitains. L’idée est vraiment de pousser à fond le curseur des politiques que nous maîtrisons, comme l’inclusion sociale et professionnelle, le développement économique et bien sûr les transitions écologiques.
À vous lire, l’inclusion sociale et professionnelle forme un axe emblématique de la démarche.
Dans le bloc communal, la Métropole dispose d’une compétence exclusive en matière de développement économique depuis 2015 et en matière d’emploi et d’insertion depuis 2019. En tant que 1er adjoint de la ville d’Échirolles, je suis très engagé sur ce sujet, et nous avons attendu que la métropole déploie une politique d’insertion digne de ce nom avant de la valider. L’engagement 13 du Spaser est important à mes yeux, visant à accroître le recours à la clause sociale pour favoriser l’emploi des personnes en difficulté d’insertion et en situation de handicap. Nous avons fixé des objectifs assez haut pour 2025, avec 40 % de l’ensemble des marchés disposant d’une clause sociale, nous sommes à 28,19 % quand on intègre les marchés réservés. C’est un combat. Le Spaser a permis d’accroître considérablement le nombre d’heures de travail confiées à des publics en insertion puisque celui-ci dépasse aujourd’hui les 300 000 heures annuelles grâce notamment à une diversification des marchés prévoyant des clauses d’insertion qui ne concernent plus désormais uniquement les marchés de travaux mais de plus en plus de marchés de services.
La transition écologique est dans l’ADN de la métropole. Comment se traduit-elle dans le Spaser ?
Dès le début des années 2000, à travers le dispositif des agendas 21, la métropole a pris les devants. Nous savons que le réchauffement climatique va être plus rude ici, de l’ordre de 4 degrés en plus au lieu des 2 % répartis sur l’ensemble national. Nous disposons ainsi d’un réseau de chaleur, peu de métropoles disposent d’un réseau qui permet, notamment grâce la biomasse, de chauffer dans certaines communes près de 30 % des bâtiments. L’autre avantage du territoire est de disposer d’un écosystème de recherches assez performant : la proximité par exemple du CEA permet aux chercheurs de basculer très vite en startups puis de devenir des entreprises. Ce terrain propice aux expérimentations permet en effet d’avancer plus vite qu’ailleurs sur les transitions. Je pense notamment à la chaleur fatale qui ouvre des perspectives extraordinaires dans le secteur énergétique ; chercheurs et startups y travaillent ici. Pour accompagner ces transitions, il est important que les achats publics valorisent les entreprises qui jouent le jeu.
Comment, en interne, les agents portent-ils le Spaser ?
Nous formons en interne chaque année près de 150 agents, pas seulement dans le service dédié mais à tous les endroits où la collectivité est appelée à acheter. Des supports adaptés sont également accessibles à l’ensemble des agents sur l’intranet de la Métropole. Tous les ans, la métropole, la ville de Grenoble et le Département de l’Isère organisent, chacun à tour de rôle, les assises de l’achat public, journée d’échanges entre entreprises et acheteurs publics de notre territoire. Cette manifestation collective rencontre un succès incroyable et permet aux collectivités de s’adresser aux entreprises pour mieux leur expliquer comment ça marche.
Stéphane Menu
