Réouverture des piscines : les élus réclament une aide gouvernementale exceptionnelle

Administration

Exigences sanitaires, baisse de recettes… De trop grandes difficultés pourraient conduire certains complexes aquatiques à ne pas rouvrir leurs portes. L’AMF, l’ANDES et France urbaine réclament donc un plan d’urgence exceptionnel « Piscine Covid-19 » pour aider le fonctionnement de ces espaces. Vingt-six sites expérimentent un protocole sanitaire et des procédures d’accueil du public.

Depuis le 2 juin 2020, les piscines peuvent rouvrir en zone verte et elles le pourront à compter du 22 juin en zone orange si les conditions sanitaires sont favorables. Une chronologie et un délai d’ouverture qui mettent les élus en difficulté, expliquent les présidents de l’ANDES (Association nationale des élus en charge du sport), de l’AMF (Association des maires de France) et de France urbaine, dans un courrier adressé à la ministre des Sports le 3 juin 2020. Car, après deux mois de fermeture, remettre ces équipements en fonctionnement est complexe et les élus soulignent la nécessité d’un délai d’adaptation pour en préparer l’ouverture. Ils doivent notamment faire face à une forte demande des citoyens, d’autant plus que la période estivale approche et que les six millions de Français qui ne partent pas en vacances apprécient particulièrement les établissements aquatiques.

En outre, la réouverture de l’installation nécessite d’adopter un protocole sanitaire détaillé, qui renchérit les coûts. Pour garantir la sécurité des baigneurs et du personnel, le ministère des Sports a lancé depuis le 2 juin l’expérimentation de ce protocole et de mesures d’accueil du public dans vingt-six sites volontaires (urbains et ruraux, récents ou anciens, en régie, privés ou en DSP, ou encore zones de baignade naturelle…), y compris en Outre-mer. Une mission d’accompagnement des gestionnaires et des propriétaires réunit jusqu’au 26 juin le ministère des Sports, l’AMF, l’ANDIISS (réseau territorial du sport) et France Urbaine. L’ANDES coordonne l’expérimentation sous la supervision générale d’un comité de suivi. « Cette phase de test ne constitue pas un préalable à l’ouverture générale des piscines, qui peuvent ouvrir lorsqu’elles sont prêtes, mais un appui et un centre de ressources pour l’ensemble des exploitants des complexes aquatiques », précise le ministère. Grâce au retour d’expérience de la mission, un référentiel de bonnes pratiques sera élaboré pour aider l’ensemble des exploitants des complexes aquatiques en recensant les adaptations nécessaires à la spécificité de chaque établissement : implantation, destination, configuration, mode de gestion et populations accueillies.

Mais, entre les pertes d’exploitations liées à la fermeture et les mesures sanitaires, certains établissements aquatiques pourraient être conduits à fermer définitivement leurs portes, « pour des raisons principalement budgétaires trop lourdes à supporter pour les exécutifs locaux », s’inquiètent les élus dans leur courrier. « En raison des conséquences de l’épidémie du Covid-19 », ils sollicitent donc « une aide à titre exceptionnel, afin que les collectivités puissent assumer ce service public et ouvrent les complexes aquatiques durant la période estivale ». Cette aide au fonctionnement pourrait prendre la forme d’un plan gouvernemental exceptionnel « Piscine Covid-19 ». Les élus réclament ainsi que soit prise en charge la perte d’exploitation subie par les centres aquatiques entre 2019 et 2018, comptabilisée dans les comptes publics des collectivités.

Les élus estiment aussi nécessaire que soit « réaffirmé le principe de progressivité et de territorialité de la sortie du confinement pour les équipements sportifs, en fonction des moyens et des configurations des communes et intercommunalités ».

Un point d’étape de la mission sera dévoilé le 15 juin 2020.

Par ailleurs, le Gouvernement a donné son feu vert pour une ouverture généralisée des plans d’eau, plages et rivières, partout sur le territoire ; les bases de loisirs suivent les dates d’ouverture des piscines.

Marie Gasnier

Accueil du public, entretien et nettoyage, gestion… La réouverture doit se faire dans le respect du protocole sanitaire figurant dans un guide publié par le ministère des Sports.

Posté le par

Recommander cet article