Le ministère des Sports publie un guide sur la réouverture des équipements sportifs en toute sécurité

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Pour le moment, seule la pratique sportive individuelle extérieure est autorisée. Un guide du ministère des Sports rappelle le rôle essentiel du maire dans la réouverture progressive et territorialisée des équipements sportifs. Mais pour l’AMF, une partie des recommandations ministérielles seraient inapplicables.

Préfets et maires jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre du déconfinement au plus près du terrain. C’est ce que rappelle un guide du ministère des Sports qui précise les règles à respecter pour rouvrir les équipements sportifs en toute sécurité pendant le déconfinement. Une réouverture à la fois « territorialisée et progressive » selon une instruction de la ministre des Sports aux préfets en date du 11 mai 20. Seule la pratique sportive individuelle en extérieur est autorisée, les sport collectifs ou de contact étant interdits « jusqu’à nouvel ordre ». En effet, les sports collectifs ou de combat ou les sports individuels qui ne permettent pas de respecter la distanciation physique spécifique à l’activité sportive (dix mètres minimum entre deux personnes pour les activités sportives à forte intensité comme le vélo et la course à pied et cinq mètres pour une activité de moyenne intensité comme la marche rapide) sont interdites y compris en plein air. En outre, le ministère rappelle que les rassemblements publics ou privés sont limités à dix personnes, que les activités physiques dans les espaces de plein air nécessitent de prendre en compte des préconisations sanitaires (distanciation et gestes barrières), et qu’elles ne sont possibles qu’en fonction du niveau épidémique des départements. Les plages, lacs et plans d’eau peuvent être ouverts sur proposition des maires et sur approbation des préfets. Au-delà des recommandations générales, le guide fixe des préconisations par type d’équipements : piscines et centres aqualudiques, équipements sportifs terrestres d’intérieur ou de plein air et sports d’eau.

Dans les locaux sportifs couverts, seules certaines activités à caractère scolaire et périscolaire ou destinées aux sportifs professionnels et de haut niveau sont autorisées. « Un délai de dix jours ouvrables pourrait être nécessaire entre la décision et la date d’ouverture au public », précise le guide. Objectif : s’assurer du bon fonctionnement des installations techniques et sanitaires, de la formation des personnels sur les nouvelles procédures d’organisation et de la mise en application des protocoles de désinfection des espaces. Pour les piscines, qui sont fermées au moins jusqu’au 2 juin 2020, seront également vérifiées la vidange annuelle si nécessaire, et la qualité de l’air et de l’eau.

Chaque exploitant devra établir un protocole écrit « type » validé par le « couple » préfet / maire. Pour les piscines collectives, il devra être validé par le préfet et par arrêté municipal ou l’autorisation d’ouverture validée par l’autorité territoriale, afin que la collectivité puisse exercer les pouvoirs de police et prendre des mesures pour le faire respecter (exclusions, amendes, poursuites). Ce protocole viendra en complément des règlements intérieurs existants, du plan d’organisation de la surveillance et des secours (Poss) pour les espaces de baignade, et des protocoles de nettoyage et d’entretien existants, le cas échéant. Propriétaires ou exploitants devront prendre des avenants aux règlements intérieurs pour prescrire certaines conditions d’accès, de respect du protocole Covid et de son contrôle. Le guide recommande « fortement » un affichage public du protocole de nettoyage / désinfection des équipements. En outre, un protocole d’entretien et de nettoyage détaillé, s’appuyant sur les préconisations du Haut Conseil de la santé publique, sera établi.

Le personnel devra disposer en permanence d’équipements de protection (masques, visières, gants, gel hydro alcoolique ou savon). Le gestionnaire a une obligation d’information. Il pourra inscrire dans son règlement intérieur la traçabilité des entrées et des procédures de vérification et de contrôle des usagers. Il pourra notamment décider que les entrées sont nominatives et développer des outils numériques : réservation de créneaux, achats d’entrée unitaire, rechargement de carte d’abonnement en ligne, ou prévoir l’enregistrement déclaratif des usagers sur un document papier ou numérique par un agent.

En cas de prolongation de la pandémie, le ministère suggère que d’envisager « des solutions plus pérennes et efficaces », basés sur l’utilisation de badges RFID sans contacts et liés à l’usager.

Toutefois, nos confrères de Maire-Info rapportent que l’Association des Maires de France (AMF) estime que certaines recommandations du guide, en contradiction avec les avis du Haut Conseil scientifique et du Haut Conseil à la santé publique, sont inapplicables : consignes de nettoyage et de désinfection « imprécises, difficiles à mettre en œuvre et inutilement coûteuses », respect des règles d’hygiène et de distanciation très lourd ou encore traçage des usagers injustifié… Les modalités de décision de réouverture des équipements seraient également imprécises.

Marie Gasnier

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