Fonction publique : des valeurs traditionnelles aux valeurs émergentes

Droits et obligations

Parler des valeurs de la Fonction publique n’est pas nouveau et pourtant cela reste toujours d’actualité dans un monde qui bouge.

Jean-François Lemmet

Cette approche n’est pas propre à la France puisque le Canada a adopté un code des valeurs et de l’éthique de la Fonction publique en 2003, le Danemark a inclus les valeurs dans la loi sur les fonctionnaires et l’Espagne en a fait de même. Ces quelques exemples montrent bien que le référentiel des valeurs est important sachant que certaines sont traditionnelles et d’autres émergentes.

Les premières sont ancrées dans l’histoire du pays tandis que les secondes résultent d’une nouvelle façon de gérer et d’appréhender l’action publique avec des barrières moins étanches entre secteur public et secteur privé.

En France, la première source des valeurs de la Fonction publique relève de la trilogie républicaine : liberté, égalité, fraternité, et en constitue le socle. Elles concernent les rapports entre employeurs et agents publics et d’autre part entre ces agents et les citoyens.

Les exemples suivants en sont l’illustration : liberté d’opinion, syndicale, d’expression, pour le fonctionnaire vis-à-vis du pouvoir politique, égalité des citoyens pour l’accès aux emplois publics fondée sur le mérite. Quant à la fraternité, elle se traduit par la non-discrimination et des mesures spécifiques en faveur des populations en situation de précarité.

À côté de ces valeurs bien connues, il en existe d’autres liées à l’activité professionnelle, à savoir : la légalité, l’efficacité, la probité et l’adaptabilité. La raison d’être de l’agent public dans un état de droit est d’appliquer la loi. Ainsi, le formalisme parfois décrié pour sa lourdeur (marchés publics par exemple) n’est le plus souvent que l’application d’un tel principe.

L’efficacité exige une réelle implication dans les tâches confiées avec une recherche de la performance tant individuelle que collective. L’évaluation professionnelle, la Lolf… s’inscrivent dans cette optique. Quant à la probité et l’exemplarité, il s’agit de la contrepartie de prérogatives exorbitantes du droit commun pour ceux qui s’engagent dans la Fonction publique. L’adaptabilité permet de mieux répondre à l’intérêt général et d’assurer la continuité des services.

D’autre valeurs émergent et tendent à s’imposer dans la Fonction publique : les valeurs humaines. En effet, l’engagement se traduit par la volonté de la personne de se mettre au service de la collectivité. Ceci explique le choix de la Fonction publique pour certains candidats notamment au sein de la génération Y, en quête de sens.

Le respect est aussi une valeur qui s’affirme dans les relations entre agents et responsables hiérarchiques, ce qui devrait réduire les conflits et les risques psychosociaux, mais également avec les usagers. La charte Marianne traduit bien cet intérêt. Enfin la solidarité avec les plus démunis doit permettre de sortir d’une culture parfois trop juridique pour faire place à la compréhension et pourquoi pas l’empathie à l’égard de certains.

Telles sont les principales valeurs de la Fonction publique sachant que cette liste n’est pas exhaustive. Faut-il établir une charte des valeurs, ce qui est déjà fait pour certains métiers (police), prévoir un texte réglementaire sachant qu’il existe la loi du 13 juillet 1983 sur les droits et obligations ?

Ces valeurs méritent toutefois d’être diffusées tant auprès des usagers que des agents publics. Pour ces derniers, les actions de formation constituent de toute évidence le vecteur approprié. C’est un challenge de savoir intégrer et faire vivre ces valeurs au sein de la Fonction publique.

Jean-François Lemmet

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