Un travail « immense » attend les maires, en première ligne pour le déconfinement

Élus

Satisfaits, circonspects ou carrément déçus, les maires ont accueilli diversement les annonces d’Édouard Philippe sur le déconfinement, mardi 28 avril 2020, mais tous se réjouissent du rôle majeur que les élus locaux vont être appelés à jouer dans les prochaines semaines.

« Ce sont les maires qui ont été les artisans du confinement et je suis conforté après le discours du Premier ministre en me disant que ce sont les maires qui seront les artisans de la réussite du déconfinement » : Nicolas Florian (LR), le premier élu de Bordeaux, résume ainsi la pensée de bon nombre de ses collègues.

Jean-Luc Moudenc (LR) à Toulouse se réjouit également de la mise en place « d’un cadre national fixé par l’État mais avec une souplesse et une adaptation locale », ainsi que du choix du département, « un cadre assez fin » pour décliner les mesures.

Un avis que partage à l’autre bout de la France Michèle Lutz (DVD), maire de Mulhouse (Haut-Rhin), l’une des villes les plus durement touchées par l’épidémie de coronavirus dans le pays.

« Le Premier ministre a présenté un projet relativement complet, assez clair : le déconfinement va être limité, progressif, prudent et sous conditions. Le cadre se dessine un peu mieux », estime-t-elle.

« Différenciations locales très importantes »

« Le travail qui nous reste à faire est immense et en tant que maire de Mulhouse, ville particulièrement impactée par cette crise, je prendrai mes responsabilités aux côtés de l’État », poursuit-elle.

Même s’il faut « que le pays puisse redémarrer son économie, car il vaut mieux un pays d’avenir plutôt qu’un pays qui meurt guéri », Mme Lutz ne souhaite pas bousculer les choses et voudrait par exemple rouvrir les écoles de sa commune plus tard que le 11 mai 2020. « C’est une demande que je formulerai au préfet », prévient-elle d’ores et déjà.

Laurent Marcangeli maire (DVD) d’Ajaccio, autre ville très touchée, est du même avis : « Le plan ouvre la porte à des différenciations locales très importantes. Cela me rassure d’autant plus qu’il a évoqué la consultation des élus locaux, car par exemple je ne suis pas convaincu par l’ouverture des écoles et des crèches le 11 mai ».

« Cette stratégie de grande prudence et de lucidité me semble la bonne, même si beaucoup de gens pensaient qu’après le 11 mai tout reprendrait comme avant », note de son côté le maire de Lyon Gérard Collomb (LREM).

Celui-ci se dit « très heureux » de la décision du gouvernement de procéder « à une campagne massive de tests pour casser la chaîne de contamination ».

« Des interrogations très fortes »

« Différenciation, progressivité, adaptation par les maires et les préfets sont autant d’éléments positifs que j’avais réclamés », souligne le maire de Nice Christian Estrosi (LR). Mais celui-ci estime toutefois que « le report de l’examen de l’application Stop-Covid pour tracer les malades grâce à leur téléphone portable est incompréhensible ».

Alain Argilier (PRG), maire de la petite commune de Vébron (Lozère), l’un des départements les moins touchés, va quant à lui « demander à l’ensemble du personnel communal de porter obligatoirement leur masque pendant leurs heures de travail ». Et il espère davantage de détails fin mai, notamment sur la date d’ouverture des campings.

Cécile Helle (PS), sa collègue d’Avignon, note que « des interrogations très fortes restent en suspens, notamment sur la réouverture des écoles », et peste sur le manque de disponibilité des masques. « Si on nous avait dit avant qu’il fallait avoir des masques pour tout le monde le 11 mai, on se serait organisés autrement ».

Jean-Claude Gaudin (LR) à Marseille espère quant à lui rapidement des éclaircissements, « notamment pour ce classement en rouge ou vert qui conditionnera la reprise de nombreuses activités ».

Enfin, le maire Modem de Lacanau Laurent Peyrondet est extrêmement déçu : « Cela fait cinq ou six semaines qu’on se préparait à rouvrir les plages. On s’était préparés à tout mettre en place pour le 11 mai. Et à quoi bon ! L’État est resté jacobin, il n’y a pas grand-chose à négocier avec le préfet… Pourtant, la Gironde n’est pas un département très touché ».

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