Petites villes : des équilibres financiers satisfaisants mais fragiles

Publié aujourd'hui à 15h10 - par

La Banque postale et l’Association des petites villes de France ont décrypté les comptes 2025 des 4 160 communes de 2 500 à 25 000 habitants. Des communes à l’équilibre mais dont les marges de manœuvre se réduisent.

Petites villes : des équilibres financiers satisfaisants mais fragiles
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« Les petites villes semblent avoir préservé en 2025 des équilibres financiers globalement satisfaisants. Les dépenses de fonctionnement demeurent relativement contenues, tandis que le niveau d’investissement reste soutenu », décryptent la Banque postale et l’Association des petites villes de France (APVF), dans leur analyse des comptes 2025 des 4 160 communes de 2 500 à 25 000 habitants – qui abritent quatre Français sur dix. Ce, après des années difficiles : crise sanitaire, inflation, tensions importantes sur les dépenses énergétiques et les salaires. Pour autant, cette stabilité repose sur des équilibres de plus en plus fragiles. La hausse des charges structurelles et les concours financiers moins favorable réduisent leurs marges de manœuvre, précise l’étude, présentée le 9 juin dernier.

Le budget total, hors dette et budgets annexes inclus, des petites villes s’est élevé à 45,6 milliards d’euros en 2025 – soit 39,7 % du budget total hors dette des communes (et hors ville de Paris). En moyenne, la dépense par habitant (1 699 euros) était en hausse de 2,8 % par rapport à 2024.

Même si leurs recettes fiscales continuent de progresser, les petites villes sont contraintes de piocher dans la trésorerie pour financer les investissements, ceux nécessaires aux transitions écologique, énergétique et démographique notamment. Les dépenses d’investissement (hors remboursements de la dette) s’élèvent à 12,3 milliards d’euros en 2025, soit 458 euros par habitant en moyenne : une hausse de 8,2 % par rapport à 2024. En 2025, les petites villes ont prélevé 1 milliard d’euros sur leur fonds de roulement.

Plus de subventions, moins d’emprunt

L’encours de dette atteint 20,5 milliards d’euros dans les budgets principaux, soit 763 euros par habitant et 2,2 milliards d’euros dans les budgets annexes des 44 % de communes concernées, soit 208 euros par habitant. L’ensemble des petites villes affiche une capacité de désendettement (encours/épargne brute) de 3,7 ans ; les plus petites, de 2 500 à 5 000 habitants, étant moins endettées (3,4 ans) que la strate 15 000 à 25 000 habitants (4,1 ans). Au total, les dépenses d’investissement des petites villes ont progressé de 23 % entre les deux derniers mandats, avec un recours aux subventions plus important : + 15 %, surtout celles en provenance de l’État (+ 9 %, soit 33,5 milliards d’euros). Elles ont limité les nouveaux emprunts, surtout à partir de 2023 (- 15 %) et ont eu davantage recours à l’autofinancement, entre l’épargne nette et les prélèvements sur le fonds de roulement. Sur le dernier mandat, le fonds de roulement a progressé de 0,4 milliard d’euros (soit 1,3 milliard de moins que lors du mandat précédent).

La disponibilité de la trésorerie décroît avec la taille des communes

Dans les budgets principaux, la trésorerie des petites villes s’élevait à 10,3 milliards d’euros en fin d’année, soit 384 euros par habitant. Là encore, les plus petites communes s’en sortent le mieux, avec une capacité de trésorerie de 90 jours contre 66 jours pour les plus grandes. Idem pour l’encours de dette, les communes de 2 500 à 5 000 habitants n’ayant pas emprunté (+ 0 % entre 2025 et 2024) et celles de à 5 000 à 10 000 habitants ayant très peu emprunté (0,1 % entre 2025 et 2024).

En 2025, les petites villes ont dépensé sur les budgets principaux 31,9 milliards d’euros pour le fonctionnement. Une moyenne de 1 186 euros par habitant, en légère hausse (1,1 %) par rapport à 2024. Ces dépenses augmentent avec la taille des communes, passant de 1 010 euros à 1 360 par habitant. La majorité des dépenses concerne les frais de personnel (56 % en moyenne), suivis des achats et charges externes (27 % en moyenne) et des dépenses d’intervention (12 % en moyenne).

Quant aux recettes hors emprunts (budgets principaux et budgets annexes), si elles atteignent 1 643 euros en moyenne, elles varient de 1 648 euros pour les communes de 2 500 à 5 000 habitants à 1 790 euros pour celles 15 000 à 25 000 habitants.

Marie Gasnier

Héberger et accueillir les personnes âgées représentent 87,6 % des dépenses

7 petites villes sur 10 ont conservé la gestion locale de leur centre communal d’action sociale (CCAS) pour répondre aux besoins de leurs administrés, précise l’étude qui a analysé sur ce point 2 905 budgets principaux et 1 230 budgets annexes. Montant global des dépenses de fonctionnement des CCAS : 3,5 milliards d’euros, dont 1,3 milliard sur les budgets principaux. Si l’analyse fonctionnelle des budgets principaux n’a pas permis de déterminer la part à destination des personnes âgées (portage des repas…), celle des budgets annexes, principalement créés pour les structures qui leur sont dédiées, montre que 2 milliards d’euros (sur un total de 2,2 milliards) sont dépensés, en fonctionnement, pour héberger ou accueillir les profit des personnes âgées. Ce qui représente 87,6 % des dépenses dont 1,4 milliard d’euros pour les Ehpad et 12,1 % pour les aides et soins à domicile.


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