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Pour la moitié des agents publics, le travail s’est intensifié durant la crise sanitaire

Publié le 31 mai 2022 à 10h55 - par

Avec la crise sanitaire, le travail des agents de la fonction publique s’est intensifié, mais ils se sentent plus utiles.

Pour la moitié des agents publics, le travail s'est intensifié durant la crise sanitaire

Au cours du premier trimestre 2021, la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) du ministère de la Transformation et de la Fonction publiques a réalisé une enquête pour dresser un premier état des lieux des conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail des agents de la fonction publique, un an après le début de la pandémie. Ses résultats viennent d’être publiés (Point Stat n° 36, mai 2022).

La moitié des agents déclare une intensification du travail

Les conditions de travail en 2021 ont été observées à travers dix dimensions construites à partir de 23 questions pour lesquelles le salarié devait indiquer son ressenti. À savoir : une dégradation, une stabilité ou une amélioration. Voici les dix dimensions :

  • Exigences émotionnelles,
  • Intensité du travail,
  • Contrôle hiérarchique,
  • Conciliation vie professionnelle et vie personnelle,
  • Horaires décalés,
  • Conflits de valeur,
  • Durée du travail,
  • Sens du travail,
  • Coopération, soutien social,
  • Autonomie, marge de manœuvre.

Sur l’ensemble de ces dix dimensions, les conditions sont majoritairement restées stables, note l’auteure de l’étude. Pour trois indicateurs – le travail en horaires décalés, la durée du travail et le soutien social -, les trois quarts des agents de la fonction publique déclarent des conditions de travail stables par rapport à l’avant crise sanitaire. Pour tous les autres indicateurs, au moins la moitié des agents ne déclarent aucun changement, hormis pour les dimensions intensité du travail et exigences émotionnelles. En effet, pour ces deux dimensions, la part des agents déclarant une dégradation est supérieure à celle de ceux déclarant une stabilité.

Si le travail s’est avéré plus intense qu’avant la crise sanitaire pour un agent sur deux, la durée du travail n’a pas augmenté dans les mêmes proportions. Ainsi, seuls 19 % des agents indiquent travailler plus longtemps. La crise sanitaire a également eu un impact négatif dans d’autres domaines, comme la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle : un agent sur quatre déclare que sa situation s’est dégradée en la matière.

Globalement, les agents de la fonction publique déclarent plus souvent une dégradation de leurs conditions de travail que les salariés du privé. L’écart est particulièrement élevé pour l’intensité du travail, puisqu’un agent de la fonction publique sur deux déclare un travail plus intense qu’avant la crise sanitaire, contre seulement un sur trois dans le privé. « La continuité de service des agents de l’État, le travail sous pression des personnels des hôpitaux et les évolutions des modes d’enseignement expliquent en partie ce taux élevé d’intensification du travail », commente l’auteure de l’étude. L’écart entre le ressenti des salariés du public et du privé est également important pour l’indicateur sur les exigences émotionnelles. En effet, 52 % des agents se sentent plus affectés qu’avant la crise sanitaire, contre 44 % des salariés du privé. Cet indicateur regroupe deux phénomènes : les tensions avec le public et les situations de vulnérabilité. Les agents se sentent, pour 29 % d’entre eux, davantage bouleversés, secoués, émus qu’avant (9 points de plus que dans le privé).

Une amélioration en termes d’autonomie

En contrepartie, la crise sanitaire a donné davantage de sens au travail effectué (utilité sociale ou fierté du travail bien fait). Illustration : l’indicateur mesurant le « sens du travail » est celui pour lequel l’amélioration est la plus forte dans la fonction publique par rapport à la situation d’avant la crise sanitaire (31 %, soit 7 points de plus que dans le privé). Concernant l’indicateur portant sur l’autonomie et les marges de manœuvre, qui regroupe notamment la possibilité pour l’agent de s’organiser par lui-même et la prise d’initiatives, la part des agents déclarant une amélioration est trois fois plus grande que celle déclarant des dégradations (30 % contre 10 %). Là aussi, cette amélioration est plus sensible que dans le privé (+ 4 points). Enfin, pour la coopération et le soutien social, les agents qui déclarent une amélioration sont un peu plus nombreux (un agent sur sept) que ceux qui ont perçu l’inverse (un agent sur huit).

Un renforcement du sentiment d’utilité

Les agents de la fonction publique hospitalière (FPH) sont souvent cités comme étant parmi les plus impactés par la crise sanitaire. Ces derniers sont nombreux à déclarer une dégradation de leurs conditions de travail… mais dans une moindre proportion que les enseignants ! En revanche, les agents de la FPH se démarquent par le sentiment d’une nette amélioration du sens du travail, qui regroupe l’utilité du travail et la fierté du travail bien fait. Ainsi, si 30 % des agents de la fonction publique se sentent encore plus utiles dans leur travail, soit 10 points de plus que dans le privé, ce taux atteint 42 % au sein de la FPH, contre 28 % au sein de la fonction publique territoriale (FPT) et pour les enseignants, et 24 % au sein de la fonction publique de l’État hors enseignants. Les évolutions sont similaires au sein du secteur hospitalier et du secteur médico-social.