La situation actuelle du Grand Paris « ne peut pas durer », prévient Édouard Philippe

Intercommunalité

La situation actuelle autour de la métropole du Grand Paris (MGP), régulièrement critiquée pour la complexité de son fonctionnement, « ne peut pas durer », a estimé mardi 10 octobre le Premier ministre Édouard Philippe, en confirmant une prochaine conférence réunie par le président Emmanuel Macron.

Au même moment, les sept présidents de départements franciliens faisaient part, lors d’une conférence de presse commune, de leur inquiétude d’un nouveau « big-bang institutionnel » renforçant la MGP et d’une éventuelle « suppression des trois départements de petite couronne ».

« Tout le monde s’accorde sur le fait que la situation actuelle ne peut pas durer », a déclaré le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, interrogé sur ce sujet par le député MoDem des Yvelines Bruno Millienne.

Ce dernier a suggéré d’étendre le périmètre de la métropole à l’ensemble de la région Île-de-France, ce qui la ferait passer de 7 à 11 millions d’habitants, comme le réclament plusieurs élus de la Grande Couronne, inquiets d’être exclus du cœur de la région parisienne.

Édouard Philippe a confirmé, sans donner de date précise, la tenue, annoncée pour l’automne par Emmanuel Macron, d’une conférence sur le sujet.

« À l’issue de ce processus de consultations et après qu’une conférence sur le Grand Paris aura été réunie à l’initiative du président du République », seront « dessinés » les « nouveaux modes d’organisation ».

« Ce qui est certain, c’est que nous ne pouvons pas nous contenter du statu quo. Nous allons devoir avancer, et nous allons devoir inventer quelque chose qui n’existe pas ailleurs » en France, a-t-il souligné.

Le Premier ministre s’est toutefois employé à rassurer quant à la question de la répartition des compétences entre les différents échelons administratifs (région, départements, communes etc.)

« Simplifier drastiquement »

« Dans la pratique, transférer les compétences est redoutablement complexe et personne ne veut créer dans les années qui viennent, plus de désordre encore dans la répartition des compétences », a-t-il assuré.

Intercommunalité géante entrée en vigueur au 1er janvier 2016, la MGP regroupe Paris, les 123 communes de la Petite Couronne, et sept communes de la Grande Couronne parisienne. Elle s’est ajoutée à un maillage territorial déjà important, avec la capitale, les sept départements de Petite et Grande Couronne, les communes et la région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse (LR).

La future conférence vise à « simplifier drastiquement les structures », avait dit le président en juillet.

Pour les sept présidents de départements franciliens, « la seule simplification ne peut être le fil rouge d’une réforme institutionnelle », ont-ils estimé dans une déclaration commune.

« Ça fait 19 mois qu’il y a eu un premier big-bang institutionnel et que personne n’y comprend rien », a déploré Stéphane Troussel (PS, Seine-Saint-Denis), en demandant « en quoi renforcer la MGP ferait progresser l’égalité de nos territoires ? ».

« Le département reste un échelon de proximité tout à fait utile » et un « territoire de politiques innovantes », a renchéri Christian Favier (PCF, Val-de-Marne).

Pour Patrick Devedjian (LR, Hauts-de-Seine) « il n’est pas raisonnable de détruire ce qui marche pour consolider ce qui ne marche pas », la MGP, qui a « un problème de compétences, de gouvernance et de périmètre ».

« Cette métropole ne sert à rien, n’est pas à la bonne taille et crée une couche supplémentaire de complexité » et « une nouvelle frontière préjudiciable » entre la petite et la grande couronne, a insisté François Durovray (LR, Essonne).

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Posté le par Rédaction Weka

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