Les inégalités entre femmes et hommes accentuées en zone rurale, selon le Sénat

Lutte contre les exclusions

Une femme sur trois vit en zone rurale où elles sont davantage entravées par des difficultés de déplacement, de moindres opportunités professionnelles et scolaires, la dépendance de leur conjoint et les violences conjugales, ont relevé des sénateurs dans un rapport publié jeudi 14 octobre 2021.

La délégation à l’Égalité des chances entre les hommes et les femmes au Sénat a dressé un état des lieux « préoccupant » de la situation des onze millions de femmes vivant dans les territoires ruraux, où les services publics sont souvent absents et les stéréotypes sexistes sont forts. « La moitié des féminicides ont lieu en zone rurale alors qu’un tiers des femmes y vivent », a relevé devant la presse Annick Billon, la présidente de la délégation. Contre les violences, la délégation propose de pérenniser les solutions itinérantes (autobus) allant à la rencontre des femmes, le recueil de plaintes dans les hôpitaux et des points d’accueil pour les victimes dans les centres commerciaux. « La mobilité est la clé. Les difficultés pour se déplacer signifient un accès plus compliqué à l’emploi, aux services publics, aux soins, aux modes de garde, aux commerces, aux associations pour les femmes et leurs enfants », relève Mme Billon.

Une femme sur cinq n’a pas son permis de conduire, contre un homme sur dix en zone rurale, alors que les transports en commun y sont limités. de nombreuses femmes renoncent à travailler. La délégation encourage les collectivités à développer des transports publics avec des arrêts à la demande, ainsi que les plateformes de covoiturage y compris scolaire. Associations et services publics devraient créer des permanences itinérantes pour aller vers les femmes. En zone rurale, un quart des femmes travaillent dans le secteur du social et de la santé, où les emplois sont plus précaires, peu rémunérés, créant un risque de pauvreté et une dépendance au conjoint.

La délégation recommande d’encourager plus de parité dans les filières à haut potentiel comme le secteur numérique ou les métiers « verts ». Les gynécologues manquent particulièrement en zone rurale (13 départements en sont dépourvus), entraînant un renoncement aux soins et un moindre dépistage des cancers féminins. La délégation recommande également sur ce sujet de généraliser l’itinérance pour proposer dépistage et consultations gynécologiques. Elle suggère aussi le rôle des sages-femmes. Pour encourager les femmes à s’engager dans la politique, elle préconise d’étendre à toutes les communes l’obligation de parité en vigueur pour les communes de 1 000 habitants et de fournir des solutions de gardes d’enfants pendant les réunions. Elle recommande aussi de créer un référent égalité dans toutes les communes et intercommunalités.

Source : Femmes et ruralités : en finir avec les zones blanches de l’égalité – Rapport d’information fait au nom de la délégation aux droits des femmes n° 60 tome I (2021-2022), 14 octobre 2021

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