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Sophie Primas, présidente de l’Observatoire TERRITORIA : “Je suis fière de rendre hommage à l’inventivité de nos territoires”

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Entretien avec Mme Sophie Primas, Sénatrice des Yvelines, Présidente de la commission des affaires économiques du Sénat, présidente de l’Observatoire TERRITORIA. La cérémonie de remise des Trophées du Prix TERRITORIA 2021 se tiendra le 8 décembre 2021, à l’Hôtel de Lassay (Assemblée nationale), en présence de Richard Ferrand. Les Éditions WEKA parrainent le prix RH 2021 lors de cette 35e édition du Prix TERRITORIA.

Sophie Primas : "Je suis fière d’être la présidente de l'Observatoire TERRITORIA et rendre hommage à l’inventivité de nos territoires”

Pour tout comprendre

Vous assumez la présidence de l’Observatoire TERRITORIA depuis novembre 2020. Quel bilan faites-vous de cette première année ?

Sophie Primas, Sénatrice des Yvelines, Présidente de la commission des affaires économiques du Sénat, présidente de l’Observatoire TERRITORIA

Très enthousiasmant ! L’Observatoire TERRITORIA est avant tout un laboratoire d’observation et de réflexion sur ce qu’est l’innovation territoriale. Et comment à partir de l’innovation territoriale, on peut diffuser des initiatives à d’autres collectivités. L’idée n’est pas d’imposer mais de partager des bonnes pratiques, des politiques publiques en les adaptant, qu’il s’agisse de la richesse des sujets que nous avons eu la chance de découvrir, de la qualité de la mise en pratique de ces actions ou encore de la diversité des idées. Je suis fière d’être la présidente de l’Observatoire TERRITORIA et de pouvoir, grâce à cela, rendre hommage à l’inventivité de nos territoires.

Quel regard portez-vous sur le palmarès 2021 ?

Chaque année, ce prix est le reflet d’une société en mouvement. Une société qui a la volonté d’innover pour être un acteur du monde de demain. La 35e édition du Prix TERRITORIA est une édition particulière qui s’inscrit dans une deuxième année de pandémie et les innovations locales en sont le reflet. Les actions réalisées par les collectivités sont inscrites dans la durée, et s’appuient souvent sur des changements d’organisation interne, à l’inverse de la première année de Covid où elles avaient réagi dans l’urgence. La force du maillage territorial de la France est, sans hésitation, plus que présente cette année au travers des 53 initiatives primées. À travers ces dossiers des candidats transparaissent les effets les plus importants de la crise sanitaire sur le fonctionnement des collectivités territoriales et leurs réponses les plus remarquables pour en faire, une fois de plus, un accélérateur de changement, une opportunité de modernisation et un champ d’expérimentation ouvert sur des méthodes, des outils et des partenariats inédits. Aujourd’hui, un grand nombre de ces actions ont vocation à se poursuivre sur le long terme.

Après une nouvelle année marquée par la crise sanitaire, que pensez-vous des innovations proposées par les différentes collectivités ? Pensez-vous que les crises – sanitaires, politiques et économiques – soient une période propice à l’innovation ?

L’année a été très compliquée pour les élus locaux et les services des communes. Il y a eu une remise en question à la fois du fonctionnement de nos collectivités, de nos services publics, mais aussi sur notre possibilité d’aller vers nos concitoyens. Nombre d’acteurs publics locaux n’ont pas hésité, en effet, à prendre des initiatives dans des domaines plus larges que leurs strictes compétences ou à « interpréter » localement les directives nationales, quitte à être désavoués immédiatement par l’administration d’État. S’affranchir de ces difficultés réelles – dans une période post-élections -, pour continuer les projets, les mettre en œuvre et ne pas laisser de côté l’innovation, je trouve cela remarquable.

Nous sommes dans une période singulière, où après de grands phénomènes de recentralisation du fonctionnement de l’État, tout le monde se cherche sur des éléments de décentralisation. Là où il y a des blocages nationaux, territorialement on peut mettre en place l’innovation. Territorialement, on peut aller chercher des pépites. Territorialement, on porte des nouveautés. Les transitions s’accélèrent et aller chercher les bonnes idées partout sur le territoire est donc plus que jamais nécessaire et fédérateur.

Quelles disparités constatez-vous entre les pratiques et innovations proposées par les grandes métropoles et celles proposées par les plus petites collectivités ? Le territoire rural peut-il autant innover que les grandes agglomérations ?

L’innovation se niche dans une communauté d’agglomération dans l’Est de la France, au cœur de Paris ou encore dans un CCAS dans l’Aisne, elle est dans tous les types de collectivités, tous les territoires et tous les sujets qui intéressent la vie quotidienne de nos concitoyens. L’énergie de notre pays est dans chacun de nos territoires, qu’il s’agisse de petite ville ou de grande ville, de petit projet ou de grand projet. L’innovation politique et l’innovation de politique publique se trouvent au plus près des citoyens, dans les territoires, au plus près des besoins. C’est là où elle est le plus décentralisée, bien sûr, mais surtout différenciée. On ne fait, en effet, pas la même chose dans le Sud de la France que dans les Alpes, à Paris ou à Brest. C’est cette diversité de propositions qui nous intéresse : sur des enjeux similaires tels que la qualité de vie, la transition énergétique, les réponses ne sont pas les mêmes. Dans les grands enjeux de décentralisation, de déconcentration et les différenciations, qui nous occuperont ces prochaines semaines, c’est exactement ce que représente TERRITORIA. C’est cette capacité du territoire à incarner cela.

Propos recueillis par Julien Prévotaux