Le pouvoir d’achat des fonctionnaires au menu d’un « rendez-vous salarial » mardi 6 juillet

Rémunération

Les 5,5 millions d’agents de la fonction publique devraient être fixés mardi 6 juillet 2021 sur leurs futures conditions de rémunération, à l’issue d’un « rendez-vous salarial » annuel, attendu par les syndicats qui réclament en vain depuis des années une revalorisation du pouvoir d’achat par la hausse du point d’indice.

La ministre de la Transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, a cependant déjà exclu toute hausse de ce point, gelé depuis plus de dix ans à la seule exception de 2016.

Elle s’est engagée à annoncer « des mesures concrètes » concernant notamment les plus bas salaires et les inégalités entre les femmes et les hommes, alors qu’à compétences et ancienneté égales, l’écart salarial est en moyenne de 13 % dans la fonction publique.

Rebaptisé « Conférence sur les perspectives salariales », ce rendez-vous réunira dans la matinée syndicats et employeurs publics autour de la ministre, rue de Grenelle. Il doit permettre de « remettre en perspective ce qui a été fait et les chantiers d’avenir, en apportant des réponses claires », selon le ministère.

Jeudi 1er juillet sur Public Sénat, la ministre a de nouveau promis des mesures pour lutter contre les « inégalités » et rappelé la plus emblématique du quinquennat : la prise en charge forfaitaire par les employeurs publics des complémentaires santé que les agents publics finançaient seuls jusqu’à présent.

Cette prise en charge d’au moins 50 % du coût des complémentaires santé de tous les agents publics quel que soit leur statut, était une mesure très attendue, dont l’application sera progressive : à partir de 2022 pour la fonction publique de l’État (FPE) et à hauteur de 15 euros mensuels jusqu’en 2026 pour la territoriale (FPT) et l’hospitalière (FPH).

Exception faite de l’année 2016 où il a été revalorisé de 1,2 %, le point d’indice, qui sert à calculer la rémunération des agents publics, est gelé depuis 2010. Les syndicats dénoncent unanimement une perte de pouvoir d’achat qui pénalise les plus bas salaires et l’attractivité des métiers du service public.

Femmes

Pour Jean-Marc Canon (CGT, 1er syndicat), même si les arbitrages ont été rendus et qu’« il n’y a pas de suspens », une revalorisation générale reste « un élément indépassable » car « le gel de la valeur du point, le même pour tous, a conduit à un phénomène d’appauvrissement inacceptable ».

« En 2000, un cadre de catégorie A (plus hauts salaires) était recruté à 47 % au-dessus du SMIC contre 17 % aujourd’hui », cite-t-il à titre d’exemple. Si des mesures catégorielles ont été prises, « elles l’ont été via des primes, très inéquitables, qui ne bénéficient pas aux plus précaires et pénalisent les femmes », juge-t-il, en précisant que ces dernières en « touchent en moyenne un tiers de moins que les hommes ».

« Nous savons qu’il n’y aura rien comme mesure générale mais nous attendons des mesures fortes sur les bas salaires, une réévaluation des grilles salariales alors que les catégories B et A (mieux rémunérées que la catégorie C) se rapprochent du SMIC mécaniquement », explique Mylène Jacquot (CFDT, 2e) qui attend aussi « une revalorisation des niveaux de recrutement pour rendre la fonction publique attractive » et « de vraies mesures de rattrapage sur l’égalité professionnelle ».

Côté enseignants, Benoît Teste (FSU) dénonce une « logique de la course à la prime » avec de « hauts fonctionnaires qui bénéficient de toutes les indemnités tandis que les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), aux très bas salaires, n’auront rien de plus ».

Luc Farré (Unsa) chiffre à « 5 % » la revalorisation nécessaire de la valeur du point, en tenant compte de l’inflation « de 4,9 % depuis 2017 ». Le dernier budget du quinquennat est « l’occasion », remarque-t-il, « de joindre les actes à la parole par une reconnaissance effective de l’engagement des agents publics ».

Le gouvernement a reconduit en 2020 le PPCR, un dispositif de revalorisation de la grille indiciaire mis en place sous le gouvernement précédent dont l’effet est fortement réduit en raison du gel de la valeur du point, ainsi qu’une série de mesures catégorielles qui ne bénéficient pas à bon nombre d’agents, percevant une rémunération indiciaire inférieure au SMIC, selon les syndicats.

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