Le fonds pour le recyclage des friches contribuera à créer 3,4 millions de m2 de logements

Urbanisme

Maîtriser l’étalement urbain, revitaliser les villes, freiner l’artificialisation des sols tout en encourageant la construction de logements… Reconquérir les friches est indispensable à un aménagement durable. Le fonds pour le recyclage des friches finance un premier lot de projets, à hauteur de 290 millions d’euros.

Près de 290 millions d’euros du fonds pour le recyclage des friches financeront 544 projets, portés par divers maîtres d’ouvrage : collectivités, entreprises publiques locales (EPL), sociétés d’économie mixte, bailleurs sociaux, opérateurs et établissements publics d’État ou entreprises privées. Les lauréats pourront ainsi couvrir certaines dépenses ou une partie du déficit économique de l’opération d’aménagement. Grâce au fonds, environ 1 300 hectares de friches seront réhabilités sur tous les départements y compris en Outre-mer. Avec, à la clef, la création de plus de 3 400 000 m2 de logements (dont près d’un tiers de logements sociaux) et plus d’1 600 000 m2 de bureaux, commerces, industrie… Une grande partie de ces projets (469) suffisamment matures pourront être lancés dans les meilleurs délais.

Reconquérir les friches constitue un enjeu majeur d’aménagement durable des territoires. Cela vise plusieurs objectifs : maîtrise de l’étalement urbain, revitalisation urbaine et limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers dont 24 000 à 30 000 hectares sont consommés chaque année depuis dix ans. Il convient de valoriser ce gisement foncier pour développer de nouveaux projets plutôt que de continuer à artificialiser des espaces naturels. La reconversion des friches contribue, du reste, à la trajectoire « zéro artificialisation nette » fixée par le gouvernement, inscrite dans le projet de loi Climat et résilience en cours de discussion. Mais la réutilisation de friches (cf. encadré) entraîne souvent un surcoût, notamment lorsque les sols sont pollués, ce qui met à mal l’équilibre économique de ces opérations, en particulier en secteur « détendu ». D’où l’importance du soutien public pour de telles opérations hors marché.

L’Ademe accompagnera 111 projets de dépollution de sites, à hauteur de 30 millions d’euros, dont 36 financés sur le compartiment « travaux » pour dépollution lourde et reconversion d’anciennes friches industrielles ou minières, de type installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). Et 441 projets seront financés par des appels à projets régionaux de recyclage foncier (259 millions d’euros) : opérations d’aménagement urbain de relocalisation d’activité ou de revitalisation des cœurs de villes et périphérie urbaine. Près des 2/3 de ces projets sont inscrits dans au moins un dispositif de type ACV, ORT, Territoires d’industries, et 25 % des projets lauréats sont inscrits dans les dispositifs Petites villes de demain ou Action cœur de ville.

Le gouvernement avait annoncé une première enveloppe de 300 millions d’euros dans le cadre de France Relance. Mais les besoins des territoires sont tels que la quasi-totalité de cette enveloppe sera engagée dès cette année. Le 17 mai, le Premier ministre a donc annoncé qu’une enveloppe complémentaire de 350 millions d’euros, à engager d’ici fin 2022, sera mobilisée.

Marie Gasnier

Quelles friches ?

Peut être financé par le fonds pour le recyclage des friches :

  • tout terrain nu, déjà artificialisé et qui a perdu son usage ou son affectation ;
  • un îlot d’habitat, d’activité ou mixte, bâti et caractérisé par une vacance importante ou à requalifier. Les friches peuvent être urbaines, commerciales, aéroportuaires, ferroviaires, routières, industrielles, militaires ou minières, qu’elles soient polluées ou non.

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