La fonction publique est confrontée à un déficit d’attractivité, qui se conjugue avec le vieillissement de ses agents, avec une part de 50 ans ou plus dans les effectifs, tous statuts confondus, en hausse de 7 points depuis 2011. La Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a donc cherché à mesurer l’attrait de la fonction publique auprès des jeunes au cours des six années suivant la fin de leurs études.
Intitulée « De l’attrait à la réalité : l’accès à la fonction publique six ans après la sortie des études », son étude publiée mi-février 2026 s’appuie sur l’enquête Génération du Céreq, qui permet d’étudier l’accès à l’emploi des jeunes à l’issue de leur formation initiale. L’enquête Génération 2017 est représentative des 746 000 jeunes de 35 ans ou moins sortis de formation initiale en 2017, avec ou sans diplôme. Les répondants à cette enquête ont été interrogés à deux reprises, en 2020 puis en 2023.
Trois quarts des jeunes travaillant dans le public en 2020 encore présents trois ans plus tard
En 2023, un peu plus d’un jeune sur dix (13 %) travaillait dans le secteur public six ans après la fin de ses études. Un peu moins de la moitié de ces agents publics avaient choisi ce secteur dès la sortie de leurs études. Cet attrait pour le public tombe à 5 % chez les jeunes salariés du secteur privé, constate la DGAFP.
Parmi ceux qui travaillaient déjà dans le public en 2020, les trois quarts (76 %) lui sont restés fidèles trois ans plus tard, 16 % l’ont quitté pour le secteur privé et 8 % étaient sans emploi. Parmi ceux qui étaient fonctionnaires en 2020, près de neuf sur dix (87 %) l’étaient encore en 2023. Parmi ceux ayant quitté le secteur public dans l’intervalle – 67 % pour rejoindre le privé (en CDI une fois sur deux) –, 82 % avaient le statut de contractuel et 18 % celui de fonctionnaire en 2020.
Deux vagues de jeunes entrés dans la fonction publique
La DGAFP distingue deux vagues de jeunes sortis de formation initiale en 2017 entrés dans la fonction publique.
- Les premiers sont entrés dans les trois ans suivant la fin de leurs études. Parmi eux, 61 % sont diplômés du supérieur et 41 % ont acquis le statut de fonctionnaire avant 2020.
- Les seconds sont entrés plus tard, entre trois et six ans après la fin de leurs études. Ils sont 52 % à être diplômés du supérieur et 32 % à avoir le statut de fonctionnaire en 2023.
En 2023, 91 % des jeunes de la Génération en emploi travaillaient à temps plein et 9 % à temps partiel, contre respectivement 84 % et 16 % en 2020. À l’inverse, dans le public, la proportion de jeunes travaillant à temps partiel n’a pas baissé : ils étaient 13 % en 2020, contre 14 % en 2023, en lien avec la forte représentation des femmes dans ce secteur, plus souvent à temps partiel que les hommes, explique la DGAFP.
Ces résultats montrent que « l’attrait pour la fonction publique, ou à l’inverse son évitement se construisent précocement et sont fortement corrélés au secteur d’emploi occupé six ans après la sortie de la formation initiale. Ces constats soulignent l’importance de politiques publiques de sensibilisation en amont de l’entrée sur le marché du travail », conclut la DGAFP.
