La performance économique de l’achat public, objectif stratégique de la politique d’achat
La maîtrise des coûts est un objectif majeur de la politique des achats, dans un contexte budgétaire contraint. Lors de la passation des marchés, la réalisation de « gains achats » est systématiquement recherchée, un objectif quantitatif étant fixé chaque année dans un projet annuel de performance intitulé « Conduite et pilotage des politiques économiques et financières ». Ainsi, pour 2025, les ministères et établissements publics de l’État visaient à réaliser 800 M€ de gains achats, répartis selon 330 M€ pour les achats de l’État et 470 M€ pour ceux relevant des établissements publics. Cet objectif est porté à 850 M€ en 2026. Le volume des économies achats réalisées par les seuls services de l’État (hors établissements publics) a nettement augmenté en 2025, atteignant un volume global de 413 M€ (contre 360 M€ en 2024), pour un objectif associé au projet de loi de finances 2025 de 330 M€.
La transition écologique et sociale, pilier de la politique d’achat de l’État
La politique d’achat responsable est un levier de souveraineté : dans de nombreux cas, les exigences environnementales et sociales contribuent en effet à mieux positionner les entreprises françaises et européennes dans les procédures d’achat public. Les actions prévues par le SPASER de l’État permettront de veiller à la synergie entre ces objectifs, avec une attention particulière aux PME. Concernant la performance environnementale, les résultats pour 2025 marquent une nouvelle progression puisque 80,4 % des marchés de plus de 40 000 € HT notifiés en 2025 par les services de l’État comportaient une considération environnementale, contre 55 % en 2023 et 71,6 % en 2024. Concernant le développement des considérations sociales, la cible fixée était à 30 % des marchés de plus de 40 000 € HT notifiés. L’objectif est dépassé en 2025 avec un taux de 47,6 %, en progression par rapport aux 41,2 % mesurés en 2024 (24,7 % en 2023). Pour les marchés interministériels, l’indicateur est plus élevé, atteignant 90 % pour ceux de la DAE.
Les dépenses auprès des PME en baisse
En 2025, le volume des dépenses d’achat de l’État auprès des PME (hors défense et sécurité) s’élève à 5,1 Md€ TTC, soit une légère baisse par rapport à 2024 (5,6 Md€ TTC). Cette diminution s’explique notamment par la réduction globale de 1,9 % des dépenses d’achat de l’État (hors défense et sécurité) entre 2024 et 2025. En pourcentage, ces achats ont représenté 24 % des dépenses d’achat de l’État (hors défense et sécurité), contre 25,9 % en 2024, en retrait par rapport à l’objectif de 30 %. Il convient également de noter, concernant le développement des achats innovants, que les dépenses d’achat de l’État auprès des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) innovantes qui s’élevaient à 9 % des dépenses d’achat en 2024 (hors défense et sécurité), sont également en légère baisse par rapport à 2023 (9,5 %).
Les chantiers prioritaires pour 2026
Les 5 priorités pour 2026 annoncées lors des Rencontres annuelles des achats de l’État du 15 décembre 2025 sont de simplifier les procédures, pour les acheteurs publics et les entreprises fournisseurs. Le seuil des achats de fournitures et de services sans mise en concurrence est ainsi relevé à 60 000 euros depuis le 1er avril 2026. Un nouvel outil numérique (Passe Marchés) permettant de simplifier le dépôt des candidatures des entreprises sur le profil d’acheteur PLACE a été par ailleurs déployé. Il s’agit également d’ancrer la politique d’achats responsables, autour du déploiement du SPASER de l’État publié en décembre 2025. Ensuite, face aux critiques, il convient de rendre l’activité de l’Union des groupements d’achats publics (UGAP) et sa performance plus transparentes, notamment par un nouveau contrat d’objectifs et de performance avec l’État, et un dispositif d’ajustement tarifaire (opérationnel depuis mars 2026). Quatrième priorité, renforcer la souveraineté nationale, en particulier en orientant les achats de l’État vers les entreprises françaises et européennes, en particulier dans les secteurs stratégiques et numériques. Enfin, l’État souhaite mieux piloter la politique de la commande publique, notamment par la création du Conseil national de la commande publique (CNCP) (installé en février 2026).
Dominique Niay
Source : Les achats de l’État en 2025, Publication du rapport d’activité 2025 de la Direction des achats de l’État, juin 2026
