La quasi-totalité des plus grandes communes ont un élu au numérique

Administration

Crise sanitaire oblige, les équipes municipales élues en 2020 ont compris les enjeux liés au numérique : la plupart ont désigné un élu pour suivre le secteur, selon l’observatoire Data Publica. Que peut-on apprendre en étudiant l’intitulé de leurs délégations ?

Alors que la pandémie a fait exploser les usages du numérique (télétravail, école à distance, télémédecine, plateformes commerciales…), les nouveaux maires, élus en 2020, ont compris l’importance de confier ce sujet à un élu dédié. Selon une étude de l’observatoire Data Publica*, 95 % des cent plus grandes villes ont ainsi confié une délégation autour de ces enjeux. C’est aussi le cas dans 86 % des cent plus grandes structures intercommunales. Dans les cinq communes qui n’ont pas d’élu au numérique, le sujet est porté par un élu intercommunal.

Mais, si le numérique et la gestion des données prennent une nouvelle place dans la vie quotidienne, cela fait apparaître au grand jour certaines difficultés : « de nouvelles fractures numériques qui concernent les citoyens, les usagers mais aussi les professionnels dans les administrations comme dans les entreprises », constatent les auteurs de cet observatoire. Pour comprendre comment ces enjeux sont pris en compte dans les politiques publiques locales, l’analyse des délégations est apparue pertinente. On trouve en effet des niveaux de délégation variés et des intitulés divers, qui montrent la place que l’équipe municipale accorde au numérique. Dans plus de la moitié (56 %) des 95 communes qui ont désigné un élu pour suivre ces sujets, c’est un adjoint qui a hérité de la politique numérique ; tandis que 7 % sont des élus délégués et 37 % de simples conseillers municipaux. Les 86 EPCI qui ont un élu au numérique ont confié le mandat à un vice-président (76 %), à un élu délégué (10 %) et à un conseiller (14 %). Au Grand Reims, c’est le premier vice-président qui est chargé du numérique.

« L’intitulé des délégations peut révéler des priorités pour le mandat, quelquefois illustrer un engagement de campagne ou plus simplement la prise en compte d’une compétence », précise l’étude. Les maires-adjoints et les vice-présidents en charge du « numérique » sont les plus nombreux puisqu’ils atteignent 70 % dans les communes et 68 % dans les EPCI. Ce large intitulé recouvre aussi bien des sujets très innovants relatifs aux nouveaux outils et aux nouveaux usages que des préoccupations de gestion interne — seuls deux élus chargés « de l’informatique » subsistent dans les 200 communes et EPCI étudiés. On rencontre aussi des élus à la smart city, au territoire intelligent, à la ville connectée, à la gestion des données et à l’open data. Trois élus ont une délégation à l’intelligence artificielle.

Quant aux femmes, elles comptent pour moins de trois sur dix dans ces délégations : il y a 27 % d’élues au numérique dans les villes et 23 % dans les métropoles et les intercommunalités. Toutefois, elles sont majoritaires dans les plus grandes villes, en particulier à Paris, Marseille, Nantes, Montpellier, Strasbourg ou Bordeaux.

*L’observatoire Data Publica a été fondé en 2020 par les cabinets de conseil Civiteo, Datactivist et Innopublica et par le cabinet Parme Avocats)

Marie Gasnier

Quelques délégations très spécifiques

  • Numérique responsable (Nantes)
  • Stratégie ou gouvernance de la donnée (Bordeaux, Grenoble et Grenoble Métropole, Clermont Auvergne Métropole)
  • Participation citoyenne numérique (Montpellier Métropole)
  • Intelligence artificielle (Cannes et Antibes)
  • Robotique (Toulouse Métropole)

Posté le par

Recommander cet article