Un ministère des Services publics, un « droit au débat » : les pistes de Richard Ferrand

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Un ministère des Services publics, des adaptations locales favorisées et encore davantage d’association des citoyens : le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) livre jeudi 2 juillet 2020 ses « priorités » à Emmanuel Macron pour l’après-coronavirus.

« L’urgence est au dialogue », plaide M. Ferrand dans un courrier d’une vingtaine de pages que l’AFP a pu consulter et qui sera remis au locataire de l’Élysée en fin d’après-midi, lors d’un rendez-vous aux côtés des présidents du Sénat et du Cese consultés comme lui.

Poussé par la crise du coronavirus, Emmanuel Macron a engagé des consultations tous azimuts pour dessiner les contours du reste de son quinquennat, qui passe aussi par un remaniement qu’on annonce imminent.

Très proche du chef de l’État, M. Ferrand, qui a joint à sa lettre les contributions des groupes politiques de l’Assemblée, en appelle à une « démocratie délibérative » associant les citoyens.

Et « le moment est venu de définir avec les Français », ces « Gaulois parfois réfractaires », « ce qui est du ressort du "territoire" et ce qui est du ressort de l’État », selon l’élu du Finistère.

Comme dans son récent livre « Nos lieux communs », lui est favorable à « un État fort », recentré « sur des domaines moins nombreux », et à des « collectivités libres ». 

« Posons le cadre légal, les moyens nécessaires et laissons préfets et élus concevoir ensemble d’autres organisations », écrit-il, constatant « la réactivité et parfois l’inventivité » des territoires notamment dans la crise du coronavirus.

« J’appelle de mes vœux la création d’un ministère du Service Public, chargé des relations avec les citoyens », poursuit le titulaire du perchoir, soutien de « l’égalité d’accès aux services de base ».

Il estime nécessaire d’« accélérer le déploiement du numérique » et souhaite une « discrimination positive » pour l’équipement en ordinateur des collégiens modestes.

Pour une « rénovation énergétique globale des bâtiments d’habitation », il suggère un « opérateur unique pour intervenir auprès des particuliers » et une aide plus massive des plus modestes.

M. Ferrand passe en revue les priorités à l’emploi, la cohésion sociale, et encore la souveraineté, qui pourrait se traduire dans l’attribution des marchés publics notamment.

Enfin, il souhaite une « planification renouvelée » : non pas « réinventer le Gosplan, mais travailler à anticiper les conséquences concrètes des grandes évolutions, sur des sujets comme le climat ou l’emploi ».

Plutôt que des réformes, M. Ferrand préconise une « modernisation » du pays, « apaisante, sereine ».

Il revient sur le conflit autour de la réforme des retraites, demeurant « convaincu de la pertinence du projet initial d’une retraite par points ».

« La dimension paramétrique jointe au débat a altéré la clarté du dispositif initialement prévu », assure-t-il dans une pique à Édouard Philippe qui la soutenait.

Et de poursuivre à l’adresse du Premier ministre, à l’approche d’un remaniement : « Si des mesures telles que la limitation de vitesse à 80 km/h ou la taxe carbone sont devenues irritantes au point de mobiliser une frange de nos concitoyens, il n’est pas impossible que ce soit par défaut de méthode, plutôt que par leur contenu ».

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