À quoi servent les dépenses publiques en France ?

Finances locales

L’utilisation de l’argent public en France, au cœur du grand débat national lancé par le gouvernement pour répondre aux demandes des « gilets jaunes », est controversée, sur fond de ras-le-bol fiscal et de volonté du gouvernement de réduire la part des dépenses publiques.

« Trop élevées », « inefficaces » et « addictives » : le « grand débat » a tourné ces derniers jours à l’offensive contre le poids des dépenses publiques en France, certains accusant le gouvernement d’orienter la consultation pour justifier sa politique économique et budgétaire.

Excessives, les dépenses de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales ? C’est le message relayé depuis mardi 15 janvier par le gouvernement, mais aussi par des organisations professionnelles et centres de réflexion, désireux de prendre part au débat lancé par Emmanuel Macron.

Selon l’OCDE, la France a l’un des niveaux de dépense publique les plus élevés au monde. À 56,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2017, cette part compte parmi les plus élevées au monde et d’aucuns estiment que le niveau des prestations n’est pas à la hauteur de ce qui est dépensé. « Notre pays doit parvenir à améliorer l’efficacité et l’efficience de ses dépenses », a ainsi estimé jeudi 17 janvier 2019 le président de la Cour des comptes Didier Migaud, estimant que « la performance » des services publics n’était « pas toujours à la hauteur » des moyens déployés. « Nous sommes conscients que les choix à faire et les arbitrages à rendre sont difficiles », mais « les circonstances actuelles » imposent « d’accélérer » les réformes, a-t-il poursuivi, en dénonçant lors de l’audience de rentrée de la Cour une « addiction à la dépense ».

« Chaque Français doit se saisir du grand débat pour dire quelles sont les dépenses publiques à conserver et celles à supprimer », a ainsi expliqué sur Twitter le ministre des Finances Bruno Le Maire, estimant que « pour baisser les impôts, il faudrait baisser les dépenses publiques ».

Pour nourrir et orienter le débat autour de la fiscalité et assurant vouloir faire œuvre de pédagogie, le gouvernement a publié sur le site granddebat.fr un tableau intitulé : « ce que financent 1 000 euros de dépenses publiques », sur la base de données d’Eurostat et de calculs de la direction générale du Trésor. Selon ces données, voici comment se décomposent 1 000 euros de dépenses publiques, financés soit par les cotisations sociales (retraites, assurance-maladie), soit par des taxes et impôts (TVA, taxe d’habitation, impôt sur le revenu), qui alimentent le budget de l’État.

Le tableau est accompagné d’un questionnaire sur l’opportunité de réduire la dépense publique. Le cas échéant, les citoyens sont invités à choisir quels postes ils souhaitent réduire. Le gouvernement souligne que ces dépenses servent à réduire les inégalités puisque « le niveau de vie des 20 % de Français les plus pauvres est augmenté de près de 75 % grâce à la redistribution », passant de 560 à 960 euros.

Décomposition de l’utilisation de 1 000 euros de dépenses publiques, par ordre décroissant :

  • Retraites : 268 euros
  • Assurance-maladie : 191 euros
  • Éducation : 96 euros
  • Administrations publiques (service des impôts, collectivités, ambassades…) : 66 euros
  • Aides aux entreprises : 53 euros
  • Transports (routes, voies ferrées, aménagements fluviaux) : 43 euros
  • Allocations familiales : 42 euros
  • Charge de la dette : 37 euros
  • Chômage : 35 euros
  • Défense : 31 euros
  • Sécurité : 25 euros
  • Recherche : 23 euros
  • Culture : 22 euros
  • RSA, prime d’activité : 22 euros
  • Aide au logement : 17 euros
  • Gestion de l’eau et des déchets : 16 euros
  • Autres infrastructures donc éclairage public : 9 euros
  • Justice : 4 euros

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