Crise sanitaire : les départements, collectivités les plus touchées

Finances locales

Derrière l’État, premier touché, les départements ont été les collectivités territoriales les plus affectées cette année par les conséquences financières de la crise sanitaire, mais ils ne devraient pas connaître « une dégradation majeure », indique un rapport de la Cour des comptes publié mardi 15 décembre 2020.

« Les administrations publiques locales ont abordé la crise sanitaire dans des conditions plus favorables que d’autres administrations et notamment l’État », a affirmé le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors de la présentation de ce rapport sur l’impact de la crise sanitaire sur les finances des collectivités locales.

« C’est l’État qui a subi le plus directement les conséquences financières de la crise », a-t-il ajouté. 

En 2020, « sur les 195 milliards d’euros de hausse du déficit par rapport à 2019, près de 95 milliards sont portés par l’État, 95 par la sécurité sociale, un peu plus de 5 milliards par les administrations locales, » a-t-il détaillé.

Mais il a ensuite prévenu que « les départements devraient être fortement affectés par la crise ». « Leurs dépenses sociales ont augmenté rapidement et leurs recettes se sont contractées », a-t-il souligné, évoquant « une dégradation significative de l’épargne des départements en 2020 qui pourrait se poursuivre en 2021 et donc entraver leurs possibilités de contribution au plan de relance ».

Malgré cette dégradation de la situation financière, M. Moscovici ne tire pas pour autant la sonnette d’alarme, car la plupart des départements sont entrés dans la crise dans une bonne situation financière, grâce « aux résultats excédentaires des années précédentes ».

Selon le rapport de la Cour des comptes, les communes, bien que frappées plus modérément par la crise provoquée par l’épidémie de coronavirus, ont aussi subi des baisses de recettes, par exemple dans les secteurs des transports, du tourisme ou des casinos.
  
« Un impact certain, modéré, divers, compensé par l’État, mais qui devrait avoir un impact limité ou surmontable », a expliqué M. Moscovici, notamment grâce à la situation financière « favorable » dans laquelle les municipalités sont entrées dans la crise.

Il a toutefois reconnu que « la crise sanitaire va peser naturellement sur leur marge de manœuvre alors même qu’elles débutent un nouveau cycle d’investissement depuis les élections municipales de cette année ». 

Les régions, en revanche, sont « la catégorie la moins touchée par la crise et elles sont donc appelées à jouer un rôle prépondérant dans la relance de leur économie », a-t-il commenté, estimant à « moins de 5 % » les baisses de recettes cette  année. 

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