Quand les collectivités vendent aux enchères leur matériel sur Internet

Finances locales

Véhicules utilitaires, bancs d’écoliers, pédalos, camions de pompiers : à la recherche de sources de revenus, les collectivités locales sont de plus en plus nombreuses, sur Internet, à vendre aux enchères le matériel qu’elles n’utilisent plus.

« Avant, on stockait notre équipement dans un coin en se disant : ça peut toujours servir. Mais au final, les objets rouillaient et vieillissaient. Et le coût de stockage était loin d’être négligeable », raconte le maire du Mans, Jean-Claude Boulard (PS).

En 2009, la capitale de la Sarthe a innové, en se lançant dans les enchères en ligne sur une plate-forme spécialisée. « En trois ans, nous avons vendu pour 200 000 euros de matériel », se félicite l’élu. « Par rapport au budget de la ville, ça peu sembler négligeable, mais c’est toujours ça de pris. »

Grosses villes, petites communes, régions, départements, établissements publics… « Les collectivités sont de plus en plus soucieuses du devenir de leur matériel, mais aussi de l’état de leurs finances », constate Thierry Le Scao, responsable du site spécialisé webencheres.com.

« Il y a un changement de mentalité, lié à la crise », acquiesce David Riahi, du site concurrent AgoraStore.fr : « beaucoup de collectivités sont préoccupées par leur niveau d’endettement. Or les enchères permettent de diversifier les sources de financement. »

Les acheteurs – particuliers, entreprises ou collectivités – y trouvent aussi leur compte. « Les objets mis en vente sont du matériel professionnel, entretenu par des professionnels », souligne Thierry Le Scao. « Ce sont des objets variés, qu’on ne trouve pas ailleurs », complète David Riahi.

Lampadaires, tondeuses, bouées d’amarrage, costumes d’opéra…  Les enchères des collectivités, de fait, s’apparentent souvent à de vastes vide-greniers. « On vend beaucoup de véhicules et de mobilier. Mais il y a aussi des objets plus rares », s’amuse Jean-Claude Boulard.

Un skatepark du Conseil général de l’Isère s’est ainsi récemment vendu, en plusieurs modules, pour près de 3 500 euros. Une « motocrotte », proposée par la ville de Tours, a trouvé preneur à 64 euros. Et un os de baleine, appartenant à une commune du Morbihan, s’est adjugé à 350 euros.

« Nous avons aussi régulièrement des stèles funéraires issues de concessions arrivées à terme », ajoute David Riahi. « Cela permet à ceux qui ont peu de moyens d’offrir une sépulture à leur défunt », explique cet ancien d’HEC, qui met en avant la « dimension sociale et solidaire » des enchères.

En 2011, Angers s’est ainsi séparée d’une série d’entrepôts, d’une surface de 7 000 mètres carrés, destinés au stockage frigorifique. L’acheteur, une société belge, a prévu de remonter les bâtiments au Nigéria, au Burkina Faso et au Ghana.

« Les entrepôts se sont vendus à 15 300 euros. Mais le client a pris en charge le démontage du bâtiment, ce qui nous a fait économiser quelque 200 000 euros. Au final, tout le monde y a gagné », se réjouit Hubert Dugas, responsable des achats de la ville.

« Internet a changé la donne », résume Sandra Moragues, directrice des finances de Vauréal (Val-d’Oise), qui a mis aux enchères mi-février une série de véhicules utilitaires et de matériel de projection, après une première vente en ligne réussie au mois de décembre.

« Les enchères en ligne permettent de toucher un grand public, de façon transparente. À la différence du bouche à oreille, on n’a aucune maîtrise sur qui achète quoi : il n’y a donc pas de suspicion », conclut la jeune femme.

 

 

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