Le 10e panorama de l’emploi territorial est publié

Fonction publique

Les centres de gestion ont analysé 92 bilans sociaux de collectivités pour offrir une photographie de l’emploi territorial en 2019. Ce panorama propose aussi un focus sur le métier de policier municipal.

Après les fusions et les regroupements de collectivités successifs, la France compte aujourd’hui environ 44 000 employeurs territoriaux, constate la 10e  édition du panorama de l’emploi territorial, publiée par la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG) et l’Association nationale des directeurs et directeurs adjoints des centres de gestion (ANDCDG). Plus d’une collectivité sur dix emploie moins d’un équivalent temps plein (ETP) rémunéré. Les effectifs territoriaux sont en légère hausse : une conséquence des fusions notamment, et des délégations de compétences qui les ont accompagnées, créant des structures plus importantes et entraînant des besoins de management intermédiaire. Les effectifs augmentent dans les intercommunalités et diminuent dans les communes et les établissements communaux. Les 28 638 communes, dont dépendent plus d’un million d’agents, constituent 53 % des employeurs territoriaux ; elles emploient 61 % de femmes – comme la moyenne de la fonction publique territoriale (61,3 %) – alors que les départements emploient 68 % de femmes et les régions 58 %. Quant aux services intercommunaux, ils disposent de près de 330 500 agents dont 53 % sont des femmes.

En 2019, les centres de gestion ont publié 114 383 offres d’emploi, soit une augmentation de 22,5 % par rapport à 2018. Les recrutements ont concerné au premier chef l’éducation-animation (18,3 %), loin devant l’entretien et les services généraux (12,3 %). En revanche, si l’on considère les emplois à temps complet, ce sont les métiers administratifs qui ont le plus recruté.

Le vieillissement des agents est le principal facteur d’augmentation des départs à la retraite. En 2019, plus de 50 000 départs à la retraite ont pu être observés dont plus de la moitié concernait des agents communaux. L’âge moyen des départs à la retraite est de 61 ans et six mois pour les agents soumis au régime CNRACL (Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales) et de 62 ans et 11 mois pour ceux qui relèvent de l’Ircantec (Institutions de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques). Quant aux 5 631 départs en retraite pour invalidité, ils s’établissent à 57 ans en moyenne et concernent davantage les femmes. Tous statuts confondus, la hausse des départs a été constante ces dernières années, en particulier à partir de 2017. Par ailleurs, l’étude constate une augmentation des départs à la retraite des femmes, sans doute due à la féminisation importante des agents publics territoriaux.

Le 10e panorama de l’emploi territorial se focalise aussi sur le métier de policier municipal. Accessible uniquement par concours, il s’est beaucoup professionnalisé depuis 2014 (élargissement du domaine d’intervention, autorisation du port d’armes à feu…). Entre 1984 et 2019, les effectifs ont quadruplé, passant à près de 24 000 policiers municipaux – soit une augmentation de 20 % depuis 2013. Toutefois, ces métiers paraissent peu attractifs : manque de publicité, salaires et retraites insuffisamment incitatifs et à des niveaux équivalents, que l’agent travaille pour une grande ou une petite commune. Or, non seulement le niveau de risque diffère, mais les amplitudes horaires aussi : astreintes de nuit… Les policiers municipaux regrettent généralement le manque de moyens (matériel usé ou peu adapté aux missions). Ils constatent également que leur uniforme bleu est souvent assimilé à celui de la police nationale, ce qui engendre une certaine défiance d’une partie de la population à leur égard, qui peut le cas échéant évoluer vers de la violence –  l’uniforme devient une cible potentielle.

En outre, même si les dispositions statutaires spécifiques de la FPT favorisent la mobilité géographique des policiers municipaux, elle est souvent difficile dans les faits, les territoires étant inégalement pourvus en services de police municipale. Selon le panorama, il apparaît donc nécessaire que les employeurs territoriaux communiquent sur la possibilité de mobilité entre filières des agents qui peuvent s’ils le souhaitent intégrer la filière sécurité sur un poste d’agent de police municipale une fois le concours obtenu. En outre, il conviendrait de diversifier les profils et d’accroître le nombre de candidatures en développant l’attractivité de ce métier en pleine évolution.

Marie Gasnier

Pour ce 10e panorama de l’emploi territorial, les données issues des bilans de l’emploi de 92 centres de gestion ont été étudiées. Elles montrent par exemple une stabilisation des effectifs, avec évolution variable selon les territoires, la croissance de la part des agents contractuels recrutés sur emploi permanent ou l’augmentation constante de l’âge moyen de départ à la retraite des agents.

 

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