Vous êtes l’une des associations à l’initiative d’IACL. De quoi s’agit-il ?
Nous avons rejoint ce dispositif porté par Serge Pilicer, qui est, entre autres, l’un des fondateurs de Ruraltic. Il cherchait des partenaires pour lancer IACL ((Intelligence artificielle pour les collectivités locales) et nous considérons que l’intelligence artificielle est un enjeu majeur pour les communes rurales, de même que la cybersécurité ou encore la souveraineté numérique. Les territoires ruraux ne peuvent rester éloignés de cette révolution.
La grande initiative autour de l’IA, que vous lancez, va s’étaler sur 3 à 5 ans. Quels en sont les principaux piliers ?
Nous allons d’abord lancer une grande enquête visant les élus et les secrétaires généraux de mairie pour établir une cartographie de leurs besoins. L’IA doit être un outil adapté à leurs besoins, pas le contraire. C’est comme un marteau, il peut nous permettre de construire une belle maison ou servir à être très violent avec quelqu’un ! (rires) Si vous devez rédiger un arrêté et que vous sollicitez un agent IA trop générique, le résultat obtenu ne sera pas fiable à 100 %. Je discutais de ce sujet récemment avec des avocats qui faisaient le même constat : l’IA ne peut se substituer à l’être humain dans le sens où ce dernier doit toujours apporter la validation finale.
Le tour de France de l’IA que vous imaginez sera structuré autour de typologies territoriales (rural, montagne, littoral, urbain). Pourquoi ?
Sur le périurbain, on peut trouver des petites communes dont la proximité avec une grosse agglo permet de mutualiser les outils de l’IA. Les besoins sont différents de ceux des autres formes de petites communes. L’intercommunalité, à cette échelle, peut jouer un rôle fédérateur, en mutualisant les outils. Il n’existe pas une seule ruralité.
Un grand évènement se tiendra au Palais du Luxembourg en février 2027. Puis il sera temps de former, entre autres, les élus…
Nous passerons par de structures labellisées et la mobilisation du droit individuel à la formation (DIF) des élus. Il va falloir trouver des organismes de formation à proximité parce que les élus ruraux ont besoin de disposer d’un tel service pas trop loin de chez eux. Il y a déjà beaucoup d’initiatives qui ont été prises, il va donc falloir proposer le bon label aux élus au milieu d’autres initiatives qui ont aussi leur pertinence. J’ai toujours eu à cœur dans mes fonctions de veiller à ce que les avancées technologiques aient des répercussions immédiates sur le réel. On assiste en ce moment à un rajeunissement des élus, après le renouvellement du bloc municipal. Ils sont donc plus à même de pouvoir accompagner cette bascule vers l’IA.
Stéphane Menu
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