Covid-19 : Philippe Vincensini, DGS de la commune de La Ciotat et du CCAS, assure la continuité des services

Management

Face à la gestion de la crise sanitaire liée à la propagation du Covid-19, les collectivités doivent s’organiser pour maintenir une continuité d’activité et protéger les agents. Philippe Vincensini, DGS de la commune de La Ciotat et du CCAS, répond à nos questions et nous fait part de son expérience.

Quelles sont les premières urgences que vous avez eues à gérer devant la crise du Coronavirus ? Quels sont les services publics essentiels que vous maintenez ?

Philippe Vincensini, DGS de la commune de La Ciotat et du CCAS

Philippe Vincensini

La première urgence a été de déclencher, à la demande du maire, le plan communal de sauvegarde (PCS) alors que nous étions en pleine préparation des élections… Nous avions heureusement, suite aux inondations de l’hiver, un peu d’expérience en matière de PCS.

Nous avons aussi mis en œuvre notre PCA tout en le rédigeant en même temps que nous traitions cette situation inédite. Nous avons également ressorti le plan ORSEC et sa notice sur la pandémie, puis nous nous sommes adaptés.

Concernant les services que nous maintenons pour la ville, ce sont la police municipale, l’état civil, le périscolaire que nous organisons avec l’Éducation nationale sur trois écoles pour le moment, et l’accueil opérationnel 7/7 jour en crèche pour les enfants de personnels prioritaires. Un service propreté tourne sur la ville pour éviter les dépôts de déchets sauvages.

Pour le CCAS, nous avons maintenu un accueil social (des assistantes sociales), le maintien à domicile (MAD) et les soins infirmiers à domicile (SIAD). La direction générale se réunit tous les matins avec le cabinet du maire en cellule de crise depuis une semaine pour faire un point de toutes les difficultés en coordination avec pompiers, hôpital et commissariat de police.

Aujourd’hui, dans quels domaines votre organisation a-t-elle été la plus réactive face à cette crise ? Vous semble-t-il pertinent d’en améliorer certains, voire d’en créer ?

Les hommes, comme les procédures, étaient prêts. Mais nous manquons cruellement d’EPI, notamment les masques, car nous exposons nos personnels qui sont d’ailleurs très volontaires… La plus grande difficulté a d’ailleurs été de les pousser à rentrer chez eux pour télétravailler.

Une crise est souvent révélatrice. À ce stade, qu’a-t-elle révélé sur vos forces et vos faiblesses ?

Nos forces sont celles qui fondent le service public : dévouement, solidarité et volonté d’assurer la continuité tout en s’adaptant chaque jour… Concernant nos faiblesses, je crois que nous ne nous coordonnons pas assez en temps normal avec nos partenaires. Il faut, a fortiori, un temps d’adaptation pour se coordonner en période de crise – même si à La Ciotat ce fût plus rapide car nous avions subi quelques répétitions avec les inondations.

Beaucoup de citoyens et d’entreprises prennent conscience de l’importance d’un service public qui allie solidarité et efficacité. Quel message souhaiteriez-vous faire passer ?

Si cette crise peut nous faire prendre conscience que nos services publics sont un bien commun précieux que nous devons, non seulement, défendre, mais aussi chérir, elle aura au moins eu un effet bénéfique !

Enfin, au moment où je vous parle le gouvernement vient de prendre un décret permettant de commander des masques. Pour que cela soit efficace, il faut faire d’importantes commandes. Notre métropole est en train de prendre le relai pour passer commande en Chine… à eux de jouer, je les soutiens !

Propos recueillis par Hugues Perinel

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