Coronavirus : les départements multiplient les actions pour assurer les services publics

Administration

Dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, les départements sont en première ligne sur tous les fronts.

Sanitaire, protection de l’enfance et des personnes handicapées, violences conjugales, technologies numériques, soutien aux entreprises et agriculteurs locaux… Dans la crise du Covid-19, les départements assurent toujours les services publics et accompagnent les citoyens les plus fragiles, par le biais de plans de continuité d’activité de services (PCA) et de mesures exceptionnelles. Notamment dans le domaine sanitaire et social. Ainsi, depuis le 5 avril 2020, les laboratoires départementaux d’analyse (LDA) disponibles peuvent être mobilisés pour réaliser des tests. Le réseau des LDA serait en mesure d’effectuer quotidiennement 20 000 recherche de virus (PCR) et 80 000 sérologies (recherche d’anticorps), sous certaines conditions techniques. À terme, les résidents et les personnels des Ehpad seront tous dépistés.

Certains LDA s’unissent dès maintenant pour réaliser des tests virologiques : Gers / Lot / Tarn / Tarn-et-Garonne ou Indre-et-Loire / Maine-et-Loire / Sarthe / Loire-Atlantique, par exemple. De nombreux départements ont passé des commandes groupées de masques, d’autres en fabriquent (avec une imprimante 3D, dans le Calvados), produisent du gel hydroalcoolique, ou distribuent des équipements de protection individuelle. Télémédecine, téléassistance pour les personnes fragiles et en perte d’autonomie indépendamment de leur âge, mise à disposition de lits et de personnels des départements et des pays limitrophes, hébergement des personnels soignants à proximité des hôpitaux, drives de dépistage Covid-19, soutien psychologique du personnel qui assure les fonctions vitales du quotidien… : les initiatives sanitaires des départements sont multiples.

L’accompagnement du maintien à domicile et l’accueil d’urgence en établissements des personnes âgées, dépendantes ou handicapées sont assurés. Dans le Doubs, le Gers, le Tarn…, robots et tablettes numériques maintiennent un lien avec les familles. La Charente-Maritime renforce sa veille sanitaire, pour lutter contre l’isolement des personnes âgées, avec l’association des Maires et la Poste. Dans les Yvelines et dans les Hauts-de-Seine, un dispositif d’urgence facilite la sortie d’hôpital des personnes âgées et accompagne le maintien des services à domicile aux personnes âgées dépendantes.

Certains départements financent des chambres d’hôtel ou des places d’hébergement d’urgence pour éloigner les conjoints violents, réalisent des vidéos de conseils aux parents ou mettent en place des plateformes d’écoute… Ils doivent aussi faire en sorte que les mesures d’aide éducative à domicile puissent être exercées, dans le cadre de la protection de l’enfance. Signalons ainsi, dans le Finistère des lieux accueillant les jeunes qui pourraient être contaminés, en Haute-Garonne un centre d’accueil d’urgence solidaire pour enfants en difficulté ou dans la Sarthe un dispositif d’alerte avec numéro unique pour les enfants ou les majeurs en danger.

Plusieurs départements ont débloqué des fonds exceptionnels de soutien aux associations, voire maintiennent les subventions aux événements annulés. Divers dispositifs concernent la précarité alimentaire : aide d’urgence (Landes), soutien à l’acheminement des produits alimentaires livrés aux associations ou aux CCAS (Cher, Puy-de-Dôme…), mise à disposition de fourgons pour distribuer des denrées (Hérault), bons d’achat alimentaires, réouverture d’une cuisine centrale pour distribuer des repas aux plus démunis… Une dizaine de départements autorisent à cumuler le RSA et des revenus des activités saisonnières afin d’aider les agriculteurs, qui déplorent une pénurie de main d’œuvre pour la récolte manuelle de fruits et légumes ou les semences. En Loire-Atlantique, une aide est versée aux personnes disposant de faibles ressources dont la situation économique est aggravée par le confinement. Quant aux sapeurs-pompiers des SDIS, engagés dans la gestion nationale de la crise sanitaire, leur intervention peut être renforcée ponctuellement : renfort des équipes hospitalières, distribution de masques, financement de véhicules dédiés aux médecins sapeurs-pompiers intervenant à la demande du SAMU…

Avec le déploiement du télétravail, l’enseignement à distance, l’e-administration ou encore la mise en relation des familles dans les Ehpad, le numérique est fondamental pendant la crise et doit être sécurisé. L’accès aux environnements numériques de travail (ENT) maintient la continuité pédagogique dans les collèges – dont les locaux accueillent les enfants des soignants. Tablettes et ordinateurs sont fournis aux élèves et enseignants, des services de soutien scolaire en ligne sont créés ou renforcés. Le Gard a même créé, pour les collégiens, un prix d’écriture sur le thème « Nouvelles de confinement ». Les Alpes-Maritimes dédient une ligne téléphonique aux familles de collégiens qui ont des difficultés avec l’informatique lors des devoirs. Dans la Nièvre, un médiateur accompagne à distance les citoyens en rupture numérique.

Les départements soutiennent également les agriculteurs locaux grâce à des plateformes de mise en relation entre producteurs de l’agro-alimentaire et consommateurs, grandes surfaces, épiceries solidaires… De nombreux musées, médiathèques et services d’archives sont accessibles en ligne gratuitement et proposent des activités ludiques sur les réseaux sociaux.

Pendant la crise, les départements sont autorisés à soutenir directement les entreprises locales : aides exceptionnelles, aides remboursables, prêts à taux zéro, non-collecte ou échelonnement des taxes additionnelles de séjour… Quant au réseau routier, des équipes d’astreinte assurent les réparations urgentes de la voirie, en cas d’intempérie, ou sécurisent les zones d’accident.

Marie Gasnier

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