Décentralisation : changement de ton des régions à l’égard du gouvernement

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L’Association des régions de France (ARF), jusqu’ici très critique sur les initiatives gouvernementales en matière de décentralisation, a déclaré mercredi 29 janvier avoir « beaucoup d’espoir » dans les nouveaux projets de François Hollande et Jean-Marc Ayrault pour davantage de régionalisation.

« Nous avons beaucoup de projets cette année, nous avons beaucoup d’espoir », a affirmé lors de ses vœux à la presse Alain Rousset (PS), président de l’association et de la Région Aquitaine, en commentant les prises de position du chef de l’État, en janvier, et du Premier ministre, en décembre à Rennes, en faveur d’un accroissement des compétences des régions, qui sera formalisé dans un projet de loi au printemps.

Selon M. Rousset, entouré notamment de Jean-Paul Huchon (Île-de-France) et Jean-Jack Queyranne (Rhône-Alpes), « c’est une petite révolution qui semble se préparer » et « un véritable Acte III de la décentralisation ».

La fusion entre elles de régions, appelée de ses vœux par François Hollande le 14 janvier, « n’est pas pour nous un chiffon rouge », a souligné le président aquitain, qui a promis que la « coopération interrégionale » allait être « renforcée ».

Mais les régions n’employant que « 1,2 % des effectifs de la Fonction publique territorale », hors personnels non enseignants des lycées, « la principale source d’économies » à ce niveau est de mettre fin « aux doublons entre l’État et les régions », a-t-il dit.

« Dans les territoires, pas moins de quatre, cinq services s’occupent d’une même chose. Nous disons au président de la République et au Premier ministre : chiche ! regroupons dans un seul service d’instruction » les dossiers d’aide au développement des entreprises, aujourd’hui dispersés entre l’État, ses services déconcentrés et ceux des régions, a déclaré Alain Rousset.

Il a proposé « à l’État un pacte de responsabilité et d’action sur la modernisation du tissu industriel » des régions. Jugeant « le modèle d’organisation du service public de l »emploi trop émietté pour être efficace », il a préconisé « une expérimentation d’un service public régional d’accompagnement des chômeurs« . Remédier à l’inadéquation entre offre et demande d’emploi « suppose une coordination régionale voire interrégionale », a-t-il expliqué.

Selon M. Rousset, les deux questions principales à régler concernant les régions sont « la clarification des compétences » et « la faiblesse de leurs moyens« . En France, « le potentiel d’intervention d’une région est de 395 euros par habitant » en moyenne « contre 3 600 euros en Allemagne » et « dans tous les pays d’Europe, entre 3 et 5 000 euros ».
 

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