Les collectivités veulent plus de décentralisation pour tirer les leçons de la crise sanitaire

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Les collectivités territoriales rassemblées au sein de Territoires Unis demandent à l’exécutif d’engager « un grand mouvement de décentralisation », pour tirer notamment les leçons de la crise sanitaire et permettre la relance économique.

« Ce qu’on demande c’est de l’efficacité. Si l’État est satisfait de ce qui s’est passé pendant deux mois qu’il le dise, nous nous ne sommes pas satisfaits du tout », a affirmé le président de l’Association des Maires de France (AMF), François Baroin, mercredi 8 juillet 2020 lors d’une conférence de presse, en soulignant le rôle des élus locaux durant la crise.

« Emmanuel Macron n’est pas décentralisateur, ce n’est pas sa culture, il n’a jamais été élu local, mais il est à l’écoute (…) Clairement, sur la santé, ce n’est plus possible », a-t-il fait valoir.

Territoires Unis, qui rassemble les trois grandes associations d’élus locaux – Régions de France, l’Assemblée des départements (ADF) et l’AMF – a été créé en 2018 pour dénoncer une forte « recentralisation », selon elles, depuis le début du quinquennat.

Tout en soulignant « l’opportunité » de l’arrivée d’un nouveau gouvernement et d’un Premier ministre, Jean Castex, lui-même élu local, les élus veulent « des démonstrations concrètes » de la volonté de l’exécutif d’aller vers plus de décentralisation.

Ils entendent peser sur le gouvernement en vue du projet de loi dit « 3 D » (décentralisation, différenciation, déconcentration) qu’il doit soumettre au Parlement. Un projet dont les premières orientations sont « très en deçà de ce que nous attendons », a souligné François Baroin.

Pour le président de l’ADF, Dominique Bussereau, il y a urgence de revoir l’organisation des Agences régionales de santé (ARS), dont les élus ont déploré le manque de réactivité durant la crise. « L’ARS n’avait pas dans son ADN les capacités à faire de la logistique », pour distribuer des masques ou des protections pour les soignants, a-t-il souligné.

Une volonté de réformer les ARS soutenue par le président de Régions de France, Renaud Muselier, même « si on constate une très grosse différence d’une ARS à l’autre ».

« C’est un appel que je lance à l’exécutif. J’ai dit chiche ! Maintenant passons aux travaux pratiques », a lancé pour sa part Gérard Larcher, le président du Sénat, où se tenait la conférence de presse. M. Larcher avait lui-même présenté la semaine dernière les propositions des sénateurs pour une nouvelle étape de décentralisation.

Des propositions qui doivent se traduire rapidement par des propositions de loi (constitutionnelle, organique et ordinaire).

Début juillet, Emmanuel Macron s’est dit pour sa part favorable à « plus de différenciation » entre les territoires et a annoncé « une grande conférence des territoires cet été ». Une « différenciation » que les associations d’élus jugent insuffisante.

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