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Analyse des spécialistes / Dialogue social

Élections professionnelles 2022 dans la fonction publique territoriale : comment préparer le scrutin électronique ?

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En 2022, le vote électronique devrait se généraliser pour les élections professionnelles dans la fonction publique d’État, tel n’est pas nécessairement le cas dans la fonction publique territoriale où les votes à l’urne et par correspondance semblent rester le principe. Toutefois, bien que suscitant des craintes quant à sa fiabilité, l’organisation du vote électronique peut être bien préparée.

Élections professionnelles 2022 dans la fonction publique territoriale : comment préparer le scrutin électronique ?

Le décret n° 2014-793 du 9 juillet 2014 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du vote électronique par internet pour l’élection des représentants du personnel au sein des instances de représentation du personnel de la fonction publique territoriale a défini les conditions du vote électronique pour les élections des instances représentatives de la fonction publique territoriale. En 2022, les commissions administratives paritaires (CAP)1, les commissions consultatives paritaires (CCP)2 et le conseil social territorial (CST)3 seront élus. Les CAP auront un nouveau rôle recentré sur l’avis portant sur les décisions individuelles défavorables4. Le CST sera une nouvelle instance élue qui résulte de la fusion des comités techniques (CT) et des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Le décret du 9 juillet 2014 précité s’applique pour le vote électronique dans ces trois instances.

1. Le possible recours au vote électronique pour les élections des CAP, CCP et CST

Dans une délibération, l’autorité territoriale fixera la durée du scrutin électronique qui ne pourra être inférieure à 24 heures ni supérieure à 8 jours. En cas de coexistence entre le vote électronique et le vote à l’urne, le premier devra être clos avant l’ouverture du vote du second.

Dès la clôture du scrutin, le contenu de l’urne, les listes d’émargement et les états courants gérés par les serveurs seront figés, horodatés et scellés automatiquement sur l’ensemble des serveurs, dans des conditions garantissant la conservation des données. La présence du président du bureau de vote ou son représentant et d’au moins deux délégués de liste parmi les détenteurs de clés sera indispensable pour autoriser le dépouillement.

Le bureau de vote contrôlera, avant le dépouillement, le scellement du système. Les membres du bureau de vote électronique qui détiendront les clés de chiffrement procéderont publiquement à l’ouverture de l’urne électronique en activant les clés de chiffrement. La présence du président du bureau de vote électronique ou, le cas échéant, celle du président du bureau de vote électronique centralisateur sera indispensable pour procéder au dépouillement des suffrages exprimés.

Le décompte des voix obtenues par chaque candidat ou liste de candidats apparaîtra lisiblement à l’écran et fait l’objet d’une édition sécurisée afin d’être porté au procès-verbal. Le bureau de vote contrôlera que la somme des suffrages exprimés et des votes blancs émis par voie électronique correspondra au nombre de votants de la liste d’émargement électronique.

2. Les nécessaires garanties pour le vote électronique des élections des CAP, CCP et CST

Le Conseil d’État a rappelé en janvier 2021 les garanties auxquelles doivent répondre le vote électronique : « si le vote électronique par internet est susceptible de constituer une modalité de vote au même titre que le vote à l’urne et le vote par correspondance, il implique, en raison de ses spécificités et des conditions de son utilisation, que des garanties adaptées soient prévues pour que le respect des principes généraux du droit électoral de complète information de l’électeur, de libre choix de celui-ci, d’égalité entre les candidats, de secret du vote, de sincérité du scrutin et de contrôle du juge soit assuré à un niveau équivalent à celui des autres modalités de vote ». Le système de vote retenu doit donc permettre d’assurer un strict respect des principes fondamentaux qui commandent les élections en garantissant le secret du vote, sincérité des opérations électorales, surveillance du scrutin et possibilité de contrôle par le juge.

Il est ainsi recommandé de recourir à un prestataire qui gère non seulement la plateforme électorale, mais également la mise en place d’un processus électoral avec les moyens d’identification et d’authentification, les écrans de vote, le paramétrage de l’élection, l’interface de contrôle, les tests et la période de vote.

Les élections professionnelles constituent une respiration démocratique pour les agents publics. L’inspiration est une motivation pour les agents à se présenter devant les électeurs après avoir fourni un travail de fond pour établir un programme. L’expiration correspond à la mobilisation des électeurs, de tous ceux qui sont concernés. Cette pandémie démontre que la démocratie se construit en permanence. Le dialogue social, comme la démocratie, se construit également en permanence.

Dominique Volut, Avocat au barreau de Paris, Docteur en droit public


1. Art. 7 et suivants du décret n° 89-229 du 17 avril 1989 relatif aux commissions administratives paritaires des collectivités territoriales et de leurs établissements publics.

2. Art. 10 et suivants du décret n° 2016-1858 du 23 décembre 2016 relatif aux commissions consultatives paritaires et aux conseils de discipline de recours des agents contractuels de la fonction publique territoriale.

3. Art. 25 et suivants du décret n° 2021-571 du 10 mai 2021 relatif aux comités sociaux territoriaux des collectivités territoriales et de leurs établissements publics.

4. Art. 31 à 33 du décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019 relatif aux lignes directrices de gestion et à l’évolution des attributions des commissions administratives paritaires, NOR : CPAF1929371D, JORF du 1er décembre 2019, texte 13 sur 90.

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