Faut-il faciliter le règlement des achats de biens ou services de faibles montants par carte bancaire ?

Publié aujourd'hui à 14h30 - par

Dans une question parlementaire, la sénatrice Anne-Sophie Romagny interroge le gouvernement sur la possibilité pour les collectivités de recourir plus largement à la carte bancaire. Actuellement, le principe du paiement des dépenses courantes supérieures à 300 euros par les collectivités locales est le paiement par virement bancaire. S’agissant du paiement par carte bancaire, il peut être utilisé seulement dans des cas où le virement n’est pas obligatoire, dans la limite d’un plafond de 1 500 euros. Selon le gouvernement, la carte d’achat, moyen d’exécution de la dépense, est un mécanisme suffisant pour concilier maîtrise budgétaire et respect des règles de la commande publique.

Faut-il faciliter le règlement des achats de biens ou services de faibles montants par carte bancaire ?
© Par Garun Studios - stock.adobe.com

Le virement bancaire reste le mode de règlement de référence des dépenses publiques au regard du principe de séparation des fonctions ordonnateur/comptable

Selon la réponse ministérielle, le virement bancaire constitue le moyen de règlement de référence des dépenses effectuées par des collectivités locales et, plus généralement, par toute entité publique. En effet, l’exécution des dépenses publiques est soumise à un certain nombre de règles visant à garantir le bon usage des deniers publics. En application des dispositions des articles 20 et 31 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, le règlement d’une dépense publique s’effectue après service fait, c’est-à-dire, après la livraison des biens ou la réalisation de la prestation de service. En effet, ce mode de règlement permet au comptable public de réaliser l’ensemble des contrôles prévus aux articles 19 et 20 du décret précité, visant à garantir la régularité de la dépense. Par ailleurs, le principe de séparation des fonctions de l’ordonnateur et du comptable ne permet pas à l’ordonnateur, sauf exception, de manipuler les fonds appartenant à la collectivité territoriale, compétence relevant de la compétence exclusive du comptable public. L’utilisation de la carte bancaire s’apparentant au maniement des fonds, elle est donc en principe exclue sauf dans des cas limitativement prévus par la réglementation, notamment via la mise en place d’une régie d’avance.

Le mécanisme de la carte d’achat est suffisant pour le règlement des achats de faibles montants

Le gouvernement n’envisage pas d’étendre le recours à l’utilisation de la carte bancaire pour les achats de biens et de services de faible montant étant donné que la réglementation prévoit d’ores-et-déjà un certain nombre d’aménagements visant à simplifier et à fluidifier l’exécution de la dépense des collectivités locales, dont la carte d’achat. La carte d’achat est un moyen d’exécution des dépenses des marchés publics, régi par les dispositions du décret n° 2023-209 du 27 mars 2023 relatif à l’exécution de la dépense publique par carte d’achat et de l’arrêté du 22 mai 2023 portant application de l’article 3 de ce décret. La délivrance d’une carte d’achat s’effectue dans le cadre d’un contrat écrit avec la banque émettrice, qui constitue un marché public. La carte d’achat permet le règlement des dépenses récurrentes de faible montant, par cartes bleues à autorisation systématique, auprès d’entreprises préalablement référencées, dans la limite d’un plafond par achat et par période. Ces plafonds sont déterminés par la collectivité territoriale, acheteur public, dans l’objectif, à la fois, d’une meilleure maîtrise budgétaire et du respect des règles de la commande publique. La mise en place du programme de la carte d’achat s’effectue après l’analyse préalable du processus de la commande, permettant d’optimiser et de faciliter la gestion des petits achats au sein de la collectivité.

Ainsi, le programme de la carte d’achat répond pleinement aux besoins des collectivités territoriales de disposer d’un moyen aussi souple qu’une carte bancaire, leur permettant d’effectuer des achats de petit montant tout en respectant les règles fixées par la comptabilité publique et la commande publique.

Dominique Niay

Texte de référence :  Question n° 06048 de Mme Anne-Sophie Romagny (Marne – UC) du 4 septembre 2025, Réponse publiée dans le JO Sénat du 26 février 2026


On vous accompagne

Retrouvez les dernières fiches sur la thématique « Marchés publics »

Voir toutes les ressources numériques Marchés publics