En 2016, baisse de l’autofinancement pour les collectivités mais stabilisation de la dette

Finances locales

Une nouvelle baisse de l’autofinancement des collectivités territoriales devrait se dessiner en 2016, mais après deux années de fortes baisses, les dépenses d’investissement pourraient se stabiliser, tout comme le stock de la dette, selon la note de conjoncture de La Banque Postale publiée mercredi 11 mai 2016.

Après une légère hausse de l’épargne brute des collectivités en 2015 (+ 1,8 %), un retour à la baisse est attendu pour 2016 (- 2,9 %), a précisé Thomas Rougier, directeur des études de La Banque Postale, lors d’une conférence de presse de présentation de cette note de conjoncture.

Selon cette analyse, les collectivités devraient poursuivre leurs efforts en matière de maîtrise des dépenses de fonctionnement « mais on ne s’attend pas à la poursuite de la décélération », a expliqué M. Rougier.

Les dépenses de fonctionnement se maintiendraient à un rythme de croissance « contenu », proche de 2015, avec + 1,8 %, mais supérieur à celui des recettes de fonctionnement (+ 1 %, après 1,5 % en 2015), qui seront confrontées à la troisième année de baisse consécutive des dotations de l’État (- 3,7 milliards en 2016) et à des recettes fiscales en baisse (3 %, contre 4,6 % en 2015).

Si les départements devraient faire une utilisation « assez prononcée » du levier fiscal (+ 5,4 % sur les taux d’imposition, en moyenne, concentrés sur un tiers des départements, après + 0,7 % en 2015), les communes devraient en faire un usage plus limité (+ 0,9 %, contre + 1,2 % en 2015), notamment car il est « compliqué politiquement » pour les élus de faire porter la charge sur les ménages, a souligné Serge Bayard, président de la banques Postale Collectivités locales.

Par ailleurs, après deux années de fortes baisses des dépenses d’investissement (- 17 % cumulés), 2016 verrait s’« interrompre l’hémorragie », a souligné M. Rougier. Les collectivités locales devraient stabiliser les dépenses d’investissement en 2016 à un niveau certes faible (48,1 milliards d’euros, – 0,4 %), mais qui représenterait néanmoins « une bonne nouvelle pour le patrimoine public local ».

Cela résulterait « d’un effet de cycle » électoral, explique-t-il. Mais si cette stabilisation est « une bonne nouvelle si elle est avéré », « on ne peut pas y voir un signal » d’une reprise pour les autres années, a-t-il nuancé.

Enfin la note anticipe pour 2016 « une forte baisse du recours à l’emprunt nouveau » (- 20 %, contre + 10,8 % en 2015, soit une diminution du volume d’emprunts de 4 milliards), entraînant « un accroissement modéré du stock de dette (+ 1,1 %, soit la progression la plus faible depuis 2003), et « une stabilisation » des niveaux de trésorerie de fin d’année.

 

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