La loyauté crée de la cohésion dans les équipes

Fonction publique

Être loyal dans la vie professionnelle, que l’on soit élu, manager ou agent, est vertueux au quotidien et sert de moteur à l’action. Une valeur qui pousse les collaborateurs à l’autonomie et renforce l’efficacité du service public.

Après s’être penchés sur les performances managériales, les membres du Cercle des acteurs territoriaux se sont interrogés sur la place de la loyauté dans les collectivités*. Une valeur qui, loin de faire obstacle à la liberté, serait au contraire une force car elle crée une cohésion d’équipe ; en effet, quand on peut compter les uns sur les autres, on agit souvent avec davantage d’engagement. « La loyauté augmente le pouvoir d’agir, moteur important de l’autonomie des agents qui participent à la gestion des services publics », précise Éric Manoncourt, directeur général adjoint RH ville de Toulouse et Toulouse Métropole. Et renforcer l’autonomie améliore l’efficacité du service public. « Une fois qu’on s’est accordés sur une mission et sur les moyens, la capacité d’action est décuplée », ajoute-t-il. Toutefois, il est impossible d’imposer la loyauté : chacun choisit à qui ou à quoi il veut être loyal – une condition de l’autonomie.

Par ailleurs, pour pouvoir être loyal, il faut commencer par être en cohérence avec ses propres valeurs, afin de conserver une indépendance d’esprit et de pensée. Ce qui permet de savoir aussi bien dire non que oui, y compris face à des circonstances changeantes ou dans l’adversité. La loyauté n’étant pas immuable, elle se vérifie régulièrement, au fur et à mesure de l’évolution des situations et des collaborations. Pour l’inspecteur général des finances Jean-François Verdier, les agents de la fonction publique de l’État et de la fonction publique territoriale ont la même perception de la loyauté (qui diffère du secteur privé) et ils placent tous l’intérêt général au-dessus. En revanche, il constate que l’habitude de zapper des jeunes générations pourrait mettre en cause les questions de loyauté sur le long terme.

Depuis le début de la crise sanitaire, face à une situation extrême qui contrarie les modes de fonctionnement traditionnels des collectivités, se produisent certaines remises en cause : hiérarchie, process, poids des normes…, cela dans un contexte de ressources humaines et financières très contraintes. Or, « exiger la loyauté découle du respect et de la conscience d’appartenir à un collectif solidaire et responsable ». Et il ne peut y avoir de loyauté que face à une autorité véritable : celle qui permet de faire progresser les autres.

La loyauté doit, en outre, être réciproque. Pourtant, certains élus l’exigent mais ne sont pas toujours loyaux vis-à-vis des agents, et certains managers font preuve d’une forme de « lâcheté managériale ». Alors qu’ils devraient avoir le courage de dire ce qui va et ce qui ne va pas, d’éviter les non-dits, de conserver la motivation… Valérie Chatel, consultante, considère également que le manager subit au quotidien diverses pressions, qui nécessitent du courage pour formaliser ce que l’on attend, être clair sur ce que l’on donne, définir la transparence et la confiance, affronter le désaccord, être en mesure de revenir sur une faute, porter des arbitrages difficiles et dire aux équipes pourquoi on déroge à la loyauté, mais aussi dire à ses collaborateurs de quelle manière on les soutient et on les protège.

Il convient aussi de partager clairement les règles de conduite dès l’embauche des nouveaux collaborateurs et tout au long de leur carrière, en montrant l’exemple de l’engagement et de la sincérité. Mais attention… La composition des équipes évolue, et la cohésion et l’entente ne sont donc jamais figées. Et la loyauté dépasse le simple cadre professionnel : elle se pratique au quotidien en toutes circonstances et dans les actes.

Et, selon Valérie Chatel, la loyauté n’est pas une vision théorique mais bien une posture qui guide vers l’action : soutien, prises de parole, attitudes… Celui qui en bénéficie en retire de la confiance pour travailler.

Marie Gasnier

* Source : La loyauté, ressort de performance ?, Le Cercles des Acteurs territoriaux, mai 2021

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