L’APVF pointe la fragilisation des budgets des petites villes

Publié le 10 juin 2024 à 13h50 - par

L’APVF s’inquiète d’une dégradation assez marquée des principaux indicateurs de la santé financière des petites villes.

L’APVF pointe la fragilisation des budgets des petites villes
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L’Association des petites villes de France (APVF) a publié, le 30 mai 2024, les résultats de son enquête annuelle sur la situation financière des petites villes en 2023 et les perspectives 2024. Celle-ci révèle une dégradation assez marquée des principaux indicateurs de la santé financière des petites villes. « Alors que l’inflation a sévèrement impacté les budgets des collectivités territoriales, les petites villes doivent puiser dans leur trésorerie, lorsqu’elles en ont une, pour voter leur budget à l’équilibre ou maintenir à flot leurs investissements, à des niveaux pour la plupart très en deçà des besoins. Sur le terrain, les principaux marqueurs de la situation financière se dégradent rapidement et ce phénomène n’est pas sans inquiéter les maires qui ne disposent plus de marges de manœuvre pour réaliser de nouvelles économies, sauf à remettre en cause le bon fonctionnement des services de proximité », prévient le président de l’APVF, Christophe Bouillon, maire de Barentin (Seine-Maritime).

Selon l’enquête, plus de la moitié (près de 54 %) des petites villes prévoit une baisse de leur épargne nette et près de 15 % annoncent un besoin de financement. De nombreuses petites villes ont éprouvé une réelle difficulté à équilibrer les sections de leur budget, tant en fonctionnement qu’en investissement, faisant peut-être de cette année « l’exercice de préparation budgétaire le plus difficile des cinq dernières années », rapporte l’association. « Boucler les budgets 2024 a relevé d’un véritable défi pour beaucoup de maires de petites villes cette année. Sans marge d’économie en fonctionnement, ils ont dû commencer à réaliser des coupes sur leurs investissements », confirme son président. Résultat, de plus en plus de petites villes sont déficitaires, s’inquiète l’APVF : près de 15 % ont annoncé un budget en déficit en 2024, contre à peine 3 % l’année précédente.

De manière générale, les recettes de fonctionnement des petites villes progressent moins vite que leurs dépenses, encore largement impactées par l’inflation (explosion des dépenses énergétiques et de la masse salariale, en particulier). L’APVF souligne, notamment, « un essoufflement du soutien financier de l’État. » Les résultats de son enquête le mettent en évidence : seuls 7 % des petites villes annoncent une hausse du soutien de l’État cette année quand 40 % constatent une baisse de ce soutien et 53 % aucune variation.

Parallèlement, pour voter leur budget à l’équilibre ou maintenir à flot leurs investissements, à des niveaux pour la plupart très en deçà des besoins, notamment en matière de rénovation thermique des bâtiments publics et d’amélioration, d’adaptation à l’évolution démographique ou de mise en accessibilité des équipements publics, les petites villes sont nombreuses à indiquer devoir puiser dans leur trésorerie (83,3 %) ou être obligées de contracter un emprunt. « Celles qui n’avaient pas suffisamment de trésorerie ont dû reporter ou annuler des projets structurants », rapporte l’enquête.

L’APVF rappelle que les petites villes portent 40 % de l’investissement total des communes et que la transition énergétique ne pourra réussir sans une forte implication des élus des petites villes. Face au mur d’investissement que représente le financement de la lutte contre le dérèglement climatique, l’association s’inquiète de l’amputation des crédits du Fonds vert, notamment. « Face au risque de fragilisation des budgets locaux », elle réitère son souhait que soit organisé « un Grenelle des recettes » des collectivités territoriales, qui serait « bien plus efficace pour les finances publiques qu’une revue des dépenses », assure le président de l’Association des petites villes de France, Christophe Bouillon.