Les agents aimeraient une administration plus à l’écoute

Administration

Lourdeurs administratives, manque d’information, paperasse, délais de réponse… : les agents des trois fonctions publiques se heurtent à des difficultés dans certaines de leurs démarches professionnelles, selon une étude Kantar public.

Comment les agents perçoivent-ils l’administration à laquelle ils appartiennent ? Une question importante pour la direction interministérielle de la transformation publique – dans le cadre de la démarche Action publique 2022 – dont l’un des objectifs vise à offrir aux agents un environnement de travail modernisé. Ce prisme est peu courant, la question étant généralement posée aux usagers et aux entreprises. Une enquête en ligne, réalisée en décembre dernier par Kantar public*, devait identifier la complexité ressentie par les agents sur les deux dernières années. Bilan : seuls 46 % d’entre eux considèrent que leur administration est à leur écoute. Soit moins que le grand public (65 %).

Ils citent spontanément percevoir des lourdeurs administratives, un manque d’information mais aussi des délais de traitement de leurs démarches insatisfaisants. En outre, trois agents sur dix sont incapables d’identifier leur interlocuteur en matière de ressources humaines, avec lequel 61 % seulement ont été en contact en deux ans.

Les démarches liées à un problème de santé (handicap, maladie longue durée, accident du travail ou maladie professionnelle) sont les plus compliquées, devant la préparation de la retraite et le changement de poste ou de fonction publique. Viennent ensuite celles liées à un concours ou à un changement organisationnel : demande de disponibilité, de détachement, de télétravail, de temps partiel… En cause : le nombre de papiers à remplir, les délais, la lourdeur administrative, la difficulté de s’inscrire aux concours ou d’obtenir une formation… En cas de maladie professionnelle, l’agent se heurte à des difficultés de procédure et à un manque d’accompagnement. À noter également que 37 % des agents qui ont fait une demande de télétravail déplorent avoir essuyé un refus.

Des difficultés qui altèrent l’image des agents sur l’administration (cf. encadré). Même si la moitié d’entre eux a tout de même une bonne impression, les mauvaises expériences ont eu un impact très négatif pour plus d’un agent sur dix. Toutefois, les démarches les plus fréquentes paraissent les plus simples, qu’il s’agisse de demander une formation, déclarer un arrêt pour maladie courante ou un changement de situation personnelle. Tous événements confondus, la complexité moyenne atteint 23 % pour tous les agents de la fonction publique.

En revanche, le gouvernement devra porter une attention particulière à la santé et à l’évolution professionnelle, où les agents rencontrent le plus de difficultés. Les procédures relatives au handicap, aux accidents du travail ou aux maladies professionnelles touchent moins de 15 % des agents mais sont jugées complexes par plus de 40 %. Les démarches liées à l’entrée dans la fonction publique, à la mobilité ou à la promotion, qui concernent seulement un quart des agents, sont jugées complexes par un tiers d’entre eux.

Marie Gasnier

Quelle image de l’administration en interne ?

  • Capacité à traiter les agents de manière équitable : 43 %
  • Volonté de simplifier la vie des agents : 40 %
  • Capacité à tenir compte de la situation personnelle de l’agent : 38 %
  • Efficacité : 39 %
  • Confiance des agents dans leur administration : 38 % (55 % pour la FPT)

Enquête en ligne réalisée du 4 au 20 décembre 2017 auprès de 3 755 agents des trois fonctions publiques, Kantar média, méthode des quotas.

 

* Source : « Baromètre de la complexité des démarches administratives vue par les agents de la fonction publique », rapport de résultats, DITP, 15 mars 2018

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