Défense du littoral contre la mer et sites classés : anticiper les précautions

Développement durable

Tempêtes, ruptures d’ouvrages… : un guide explique comment protéger les sites de zones littorales, classés au titre de paysages, contre les risques de fortes marées et les événements liés à la mer.

Digues en béton ou en terre, ouvrages maçonnés, enrochement, drainage et pompage… : diverses solutions contribuent à préserver le rivage contre les assauts de la mer. En leur confiant la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (Gemapi), la loi Maptam permet aux communes et intercommunalités d’exercer un ensemble de compétences comprenant notamment la défense contre la mer, dont la gestion de certains endiguements existants. La collectivité devra prendre une délibération pour désigner explicitement les digues qu’elle entend gérer (sécurité, entretien, améliorations) et pourra lever une taxe dédiée.

Lorsqu’il s’agit de protéger des paysages inscrits ou classés au titre de la loi de 1930, des précautions supplémentaires doivent être prises, pour respecter notamment les autres réglementations applicables, au titre de l’environnement en particulier : loi littoral, zones Natura 2000, Znieff… La réflexion doit englober une large échelle (estuaire, cellule hydrosédimentaire) et il faut anticiper les constats, explique le ministère de la Transition écologique et solidaire dans un guide méthodologique* sur les digues du littoral et paysage, applicable aux sites classés. Les effets du changement climatique doivent aussi être intégrés, l’augmentation de hauteur des ouvrages, considérée comme nécessaire pour se protéger, étant estimée au double de l’élévation prévue du niveau de la mer. Ainsi, pour une élévation évaluée à 60 cm sur la côte atlantique en 2 100 par rapport à 2010, à niveau égal de protection, la digue devrait être prévue plus haute de 1 m à 1,2 m. Sans compter que les protections créées font progressivement disparaître les plages, et modifient l’attractivité du paysage à préserver…

Sur la base des différentes options techniques envisageables, le projet doit prendre en compte non seulement le paysage, la biodiversité et l’environnement, mais aussi les opportunités de réaménagement : création de cheminements piétons, protection différenciée selon les usages (quartiers urbains, habitat dispersé, zones agricoles…), voire démolition et reconstruction hors zone inondable de certains bâtiments d’habitation. Bien entendu, il convient également de s’assurer de l’équilibre coût/bénéfices de l’opération et de mener le projet en concertation avec la population.

Le choix du parti général de l’aménagement doit tenir compte du paysage : champ géographique à protéger, niveau de protection, emplacement des ouvrages dans le site, renforcement d’un ouvrage existant ou construction neuve, digue en béton, en enrochements ou en levée de terre… En effet, l’architecture des ouvrages peut impacter fortement la perception des aménagements. Il est donc indispensable de faire appel à un paysagiste-concepteur, très en amont du projet, pour concilier les solutions techniques et l’impact global sur le paysage. Les services de l’État (risques, sites et paysage) doivent, eux aussi, être associés très tôt à la réflexion.

La méthode de gestion de projet décrite dans le guide s’applique également à des sites non classés.

Marie Gasnier

 

* Source : Digues du littoral et paysage, Guide méthodologique appliqué aux sites classés, ministère de la Transition écologique et solidaire, 25 août 2017

Posté le par Marie Gasnier

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum