Encadrement des dépenses municipales : le maire de Saint-Étienne prêt à mener la fronde

Finances locales

Le maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau (Les Républicains) s’est dit prêt lundi 18 juin à mener la fronde des élus opposés à l’encadrement par l’État de l’évolution de leurs dépenses de fonctionnement.

« J’invite toutes les collectivités de France à rejoindre notre mouvement, pour qu’il gagne partout en France l’ensemble des élus locaux confrontés à une réalité qui échappe au président de la République », a lancé M. Perdriau.

Une soixantaine d’élus, dont bon nombre de maires des 53 communes de la métropole stéphanoise, ont participé à la mi-journée à un rassemblement sous les fenêtres du préfet de la Loire, Evence Richard, pour dénoncer la politique du gouvernement.

Ils ont déployé une banderole noire où était écrit « Macron m’a tué » et se sont affichés à côté d’un cercueil qui portait les inscriptions « Article 72 » et « Libre administration des collectivités ».

Dans son souci de maîtrise la dépense publique, le gouvernement souhaite signer d’ici le 30 juin avec les principales collectivités du pays un accord un accord limitant la hausse de leurs budgets de fonctionnement.

Dans un discours intitulé « L’Appel du 18 juin des libertés locales », M. Perdriau a accusé le président de la République Emmanuel Macron de « démanteler notre Constitution (…) en s’attaquant à l’article 72 qui garantit la libre administration des collectivités ».

Jeudi, les 53 maires de la métropole stéphanoise ont décidé à près de 90 % de ne pas signer le projet de contractualisation que l’État veut imposer aux régions, départements et agglomérations de plus de 100 000 habitants et qui limite pendant trois ans à 1,2 % la hausse annuelle de leurs dépenses de fonctionnement. M. Perdriau, qui souligne n’avoir procédé à « aucune augmentation d’impôt depuis 2014 », « malgré la baisse des dotations de l’État », estime que le système retenu par l’État est « une véritable prime aux collectivités n’ayant jusqu’alors réalisé aucun effort ».

Pour lui, la contractualisation voulue par l’État « signe l’arrêt de mort des investissements des collectivités, car les intérêts d’emprunts rentrent dans le calcul de la marge de dépassement ».

À sa demande, M. Perdriau devait être reçu mercredi par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Mais mardi soir dans un communiqué, Gaël Perdriau, coprésident de la commission sécurité de l’association France urbaine a déclaré : « C’est avec stupéfaction que j’apprends que le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Gérard Collomb, vient d’annuler le rendez-vous que nous devions avoir mercredi (…) pour évoquer les sujets d’actualité liés à la sécurité et à la contractualisation ».

L’entourage du ministre de l’Intérieur a confirmé auprès de l’AFP l’annulation du rendez-vous mais n’a pas souhaité commenter dans le détail, les propos de l’élu stéphanois. « Gérard Collomb est profondément attaché au dialogue qu’il a noué avec les élus de nos territoires, quelles que soient leurs opinions ou doléances, encore doivent-elles être portées avec respect et une élémentaire courtoisie républicaine que l’immense majorité des collègues de monsieur Perdriau observe lorsqu’ils souhaitent échanger avec des membres du gouvernement », a-t-on cependant souligné de même source.

Lundi soir, le président du conseil départemental de la Côte d’Or, François Sauvadet (UDI) annonçait de son côté qu’il ne signerait pas le contrat de maîtrise de la dépense locale qui, selon lui, « foule du pied le principe constitutionnel de libre-administration des collectivités locales et réintroduit clairement une forme de tutelle financière et politique ».

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