Délais de paiement : le secteur public s’améliore mais peut encore mieux faire

Publié aujourd'hui à 13h45 - par

Dans une étude comparative des délais de paiement en Europe, Altares, expert de la donnée d’entreprise, constate, que secteur public et secteur privé confondus, la France fait désormais mieux que la moyenne européenne sur les principaux indicateurs, avec notamment 12,3 jours de retard moyen. Le secteur public a payé ses fournisseurs avec 14 jours de retard en moyenne au premier semestre 2026, contre près de 15 jours un an plus tôt. Mais des disparités restent marquées selon le type de collectivités publiques.

Délais de paiement : le secteur public s'améliore mais peut encore mieux faire
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Des données exploitées selon un réseau représentatif d’entreprises adhérentes

Les membres du premier réseau mondial d’informations économiques et financières Dun & Bradstreet, dont Altares fait partie,ont développé un programme exclusif de collecte d’informations de paiement provenant directement de la comptabilité client de 15 000 sociétés participantes. Ce programme DunTrade® analyse en permanence les retards de paiement par rapport aux conditions contractuelles. Le programme offre une observation factuelle de la réalité des paiements. Il comptabilise plus de 171 millions d’expériences commerciales réelles permanentes (relations clients fournisseurs) dans le monde sur 37 millions d’entreprises, dont 8 millions en France sur 2,2 millions d’entreprises. Le retard de paiement, analysé par le programme DunTrade® se définit comme tout paiement effectué au-delà du terme convenu contractuellement. C’est également la définition retenue par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne dans l’élaboration de la directive 2011/7/UE sur la lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales adoptée le 16 février 2011. Le retard de paiement, calculé par Altares, correspond donc à l’écart mesuré en jours entre la date de règlement (ou date de l’analyse si le règlement n’a toujours pas été effectué) et la date d’échéance portée en facturation. Les retards calculés pour une même structure (unité légale) sont pondérés par les montants des factures.

Le secteur public progresse mais paye toujours avec plus de retard que le privé

Les acheteurs publics doivent honorer le paiement à réception de la facture sous 30 jours (État, collectivités et leurs établissements publics) ou 50 jours (établissements publics de santé et du service de santé des armées) voire 60 jours (entreprises publiques). En cas de retard de paiement, des intérêts moratoires sont exigibles sans qu’un rappel ne soit nécessaire. De plus, le décret n° 2012-1115 du 2 octobre 2012 fixe à 40 euros le montant de l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Si la situation du secteur privé s’améliore, le redressement des délais de paiement concerne également le secteur public. Le secteur public améliore ses performances mais conserve un retard moyen de de plus de 2 jours au-dessus du secteur privé. En forte dégradation en 2025, le retard de paiement s’est cependant stabilisé en 2026 aux environs de 14,7 jours tout au long de l’année, sans toutefois repasser sous la barre des 14 jours. Avec ce retard moyen, les administrations et organismes publics continuent de payer avec plus de reports que le secteur privé, revenu sous les 12 jours. Cette performance replace la France, au global, parmi les pays les mieux orientés du continent avec une trajectoire qui apparaît comme l’une des plus favorables observées en Europe depuis un an. La part des retards supérieurs à 30 jours, limitée à 7,5 %, est également plus favorable que celle observée en Europe (8,8 %). Derrière cette moyenne se cachent des situations très contrastées. Cette amélioration masque cependant de fortes disparités : les services déconcentrés de l’État et les hôpitaux restent les mauvais élèves.

Dans le détail, les délais les plus importants concernent particulièrement les hôpitaux, qui règlent leurs factures avec plus de 24 jours de retard après le délai de règlement maximum, fixé à 50 jours pour les établissements de santé quand les petites collectivités font figure de bons payeurs. Les établissements publics à caractère industriel ou commercial (EPIC) amorcent un redressement sensible en 2026, retombant légèrement sous 15 jours de retard au cours du deuxième trimestre, pour gagner 2 jours en un an. Bons élèves du secteur public, les collectivités territoriales limitent leur retard moyen à 12,7 jours, proche de la moyenne nationale. Néanmoins, elles sont à leur tour rattrapées par les effets de taille : si certaines collectivités, généralement les plus petites, parviennent à payer leurs fournisseurs à l’heure, d’autres s’écartent nettement de la moyenne.

Dominique Niay

Source : Comportements de paiement des structures publiques et privées en France et en Europe, Étude Altares, septembre 2026